Qu’y avait-il sur la table de chevet d’Hemingway? Quelles lectures ont bien pu passionner James Joyce, inspirer les poètes Ezra Pound ou Gertrude Stein? La réponse à ces mystères se trouve quelque part dans les archives jaunies de Shakespeare and Company.

Le nom ne le suggère pas, mais il appartient à une librairie parisienne, née en 1919 et devenue mythique. Très active dans l’entre-deux-guerres, la petite échoppe, nichée dans le quartier de l’Odéon, s’est muée en QG pour de nombreux écrivains expatriés qui venaient y emprunter des œuvres en langue anglaise, alors rares dans la capitale. La particularité du lieu? Les allées et venues des volumes ont été dûment consignées sur des fiches de lecture par sa propriétaire, Sylvia Beach. Au total, quelque 180 cartons de mémoire littéraire, qui ont survécu à la Seconde Guerre mondiale puis au déménagement de la librairie, jusqu’à leur acquisition en 1964 par l’Université de Princeton. Un demi-siècle plus tard, celle-ci dévoile les résultats d’un grand projet de numérisation et d’analyse de ces archives.