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«Lisez et découvrez la merveilleuse semaine des médias au collège des Coteaux!»

Ce joli titre vient d'un élève du collège de Peseux (NE), où deux classes ont travaillé pendant un mois sur la presse et notamment sur «Le Temps», emmenées par deux professeurs de français convaincus

C’est Eva qui raconte: «Nous sommes 45 élèves de Neuchâtel à nous être penchés de plus près sur le métier de journaliste. En quelques semaines, ce métier n’a plus eu de grands secrets pour nous. Pendant un mois, nous avons regardé des vidéos, lu des articles pour les analyser, appris comment est constitué un journal et comment se passe sa création de A à Z…» «Lors de cette semaine, nous avons pu réaliser que nous sommes bien plus concernés par la divulgation de fausses informations que ce que l’on croit» écrit de son côté Dounia.

Sacré travail qui a été effectué à Peseux (NE) par deux enseignants de français, Nadia Doffey Salchli et Nicolas Zufferey. Pendant tout le mois de novembre, en effet, ils ont profité de leurs heures d’enseignement pour familiariser leurs élèves de 10e niveau 2 avec la presse, grâce à des brochures diffusées par la Semaine des médias, à des vidéos pédagogiques de la RTS, et surtout à des ateliers de discussions pour comparer les traitements de l’information selon les médias, en l’occurrence entre ArcInfo et Le Temps. Réflexion sur l’écrit, confrontation de points de vue: les élèves ont aussi rédigé des articles tirant le bilan de leur expérience (toutes les citations de cet article proviennent de leurs productions).

Le Temps faisait doublement partie de l’aventure: l’auteure de ces lignes est venue présenter quelques techniques et conseils pour mieux distinguer les fake news sur internet, ces nouvelles volontairement falsifiées pour modifier notre perception d’un événement. «Nous, les jeunes, croyons tout savoir de ce qui se passe sur internet. Est-ce la vérité? Je pense que ces semaines m’auront fait dire que c’est faux. En effet, je me suis rendu compte que nous croyons tout savoir car, sur les réseaux sociaux, nous voyons énormément de choses. Le seul problème, c’est que tout ce que nous voyons n’est pas forcément vrai», reconnaît Danaë.

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Attitude de prudence

Des études ont montré que les plus de 65 ans étaient les premiers partageurs de fake news; mais les jeunes sont les plus susceptibles de prendre de bonnes habitudes, en adoptant une attitude de prudence – comme on apprend à ne pas accepter de bonbons de la part d’un inconnu, il faut aussi apprendre à ne pas croire tout ce qui circule sur un écran. Les exemples abondent: photomontages avec Greta Thunberg, détournement de contextes, photos retouchées ou recadrées qui changent de sens, dates modifiées… Un petit tiers des élèves des Coteaux est sur Facebook, en revanche ils sont presque tous sur Instagram: nous vivons dans un monde d’images. Des images qui touchent, émeuvent, font réagir.

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«Aujourd’hui, avec le copier-coller et internet, c’est facile et rapide. En plus, les fake news peuvent faire le tour du monde en quelques secondes! Mais les fake news vont encore plus loin avec les deepfakes qui, elles, sont des modifications vidéo!» s’effare Lula. C’est «le pire à venir, renchérit Laurent: on n’est plus sur de l’image ou du texte, mais sur de la vidéo, pouvant faire dire des choses absurdes à n’importe qui. Quasiment indétectable si c’est bien monté!» «La journaliste a aussi rappelé que les réseaux sociaux ne sont pas des sources fiables mais plutôt des haut-parleurs, ils diffusent juste l’information sans la vérifier; il ne faut donc pas s’y fier», explique Maël. Effectuer une recherche sur Google pour voir si et où une information est reprise, pister une photo sur le web pour vérifier si elle est correctement sourcée et datée, se poser des questions de bon sens: quelques conseils auxquels les élèves se montrent réceptifs, certains acquiesçant, vraisemblablement déjà au courant.

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Les adolescents ne sont pas les seuls à avoir appris des choses; leurs enseignants, le responsable de la Semaine des médias qui était présent, et la journaliste du Temps aussi se sont enrichis en découvrant comment la génération Z s’informe. Les années 2020, c’est demain.


Pour en savoir plus: deux vidéos de 2016, toujours d'actualité

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