En 1971, Felix S. a 18 ans et vit en Allemagne de l’Est. Fiché «ennemi du peuple», traqué par la Stasi, ses perspectives d’avenir s’étranglent. Pour changer de destin, il se rend jusqu’à la côte bulgare, d’où il compte rejoindre la Turquie, de nuit, en longeant une falaise. Arrêté, torturé, jugé et condamné, Felix S. en réchappera au bout du compte.

Entre 1961 et 1989, 415 touristes étrangers issus du bloc de l’Est auraient disparu dans cette zone, abattus par les soldats chargés de surveiller ce qui représentait alors la dernière frontière soviétique, un double fil barbelé au milieu d’une épaisse forêt, réputée plus facile à franchir que le mur de Berlin.