Revue

La littérature africaine sans œillères

La revue «Etudes de lettres» de l’Université de Lausanne invite à renouveler notre regard sur la production littéraire d’un continent encore lesté de trop de clichés

«Repenser les identités et les appartenances culturelles», c’est l’ambition de ce numéro très riche, qui interroge nos attentes face à la littérature africaine. Avec humour, l’auteur kenyan Binyawanga Wainaina recommande de toujours utiliser, quand il s’agit d’Afrique, le mot «ténèbres», et d’ajouter «tambours», «intemporel», «guérilla» et, bien sûr, «tribal».

De bons outils

Pour dépasser ce folklore stéréotypé, la revue de l’Université de Lausanne offre de bons outils. Un article interroge le fantasme de l’érotisme noir, à travers l’œuvre de Yambo Ouologuem et d’Abdoulaye Mamani. Des auteurs contemporains, tels Sami Tchak ou Alain Mabanckou, revendiquent le droit au «non-engagement», de parler d’ailleurs que de leur continent. In-Koli Jean Bofane imagine avec humour des stratégies non occidentales en réponse à la violence de la mondialisation. Boniface Mongo Mboussa propose une «relecture dynamique» de Senghor, souvent accusé d’être soumis au canon français. Un cahier de portraits de la photographe suisse, grandie en Afrique, Flurina Rothenberger montre des gens assurés et fiers.


«Voir et lire l’Afrique contemporaine», dirigé par Christine Le Quellec Cottier et Irena Wyss, Etudes de lettres (UNIL), nos 3-4, 2017

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