Arnaldur Indridason. La Cité des Jarres. Trad. d'Eric Boury. Métailié, 286 p.

Les écrivains islandais sont plus fous que tous les autres, leur imagination étant sans doute sous l'influence conjuguée de l'eau fumante des sources, de la glace, des sagas et de la solitude propre aux insulaires. Quand, de surcroît, un de ces écrivains prend pour thème un crime des plus horribles, le lecteur ne sort pas indemne de sa lecture, il doit admettre cette vérité – ou évidence – que désormais la drogue, l'utilisation perverse des techniques électroniques, le naufrage des couples et de leurs enfants adviennent là aussi, sur une île gardée par le cercle polaire. Un homme a été assassiné; son meurtrier a laissé près du corps ce message mystérieux: «Je suis lui». L'inspecteur Erlendur – miné, dans sa vie privée, par sa fille toxicomane et bientôt mère – découvre que la victime était un violeur, porteur d'une maladie génétique mortelle. Or, on sait que l'Islande est le seul pays au monde à posséder un Centre d'étude du génome, basé sur les arbres généalogiques de toute la population. Arnaldur Indridason écrit à partir de là un roman qui, certes, donne la clé de l'énigme initiale, mais, surtout, pose avec intelligence et humour des questions très contemporaines.