Bernard Werber. Nous les Dieux. Albin Michel, 409 p.

Se plonger dans un best-seller est toujours une aventure intéressante. Celui-ci, premier d'une trilogie, tombe des mains du lecteur. Pourtant il a du succès; pourquoi? Les phrases courtes donnent au récit un style sec et direct, permettant de lire très rapidement, sans risquer de devoir réfléchir à ce que l'auteur a bien voulu dire. L'histoire se passe chez les dieux de la mythologie grecque, où des élèves dieux recrutés parmi les anges d'un précédent roman assistent à des cours où ils vont apprendre le métier divin. Pour faire bonne mesure, ce sont des Français célèbres – Marie Curie, Jules Verne, Debussy, Proudhon, Mata Hari, etc. – ce qui confère au tout une certaine distinction. Le récit proprement dit est entrecoupé de brefs chapitres sur la mythologie, la loi de Peter, des enseignements ésotériques etc., permettant au lecteur pressé d'acquérir au passage un fin vernis culturel. En résumé, ce récit ressemble à un Big Mac: on y trouve le pain mou d'une lecture facile, des références érudites hachées, quelques tranches de spiritualité new age, une quête en guise de rondelle d'oignon et quelques crimes pour le ketchup. Le fast-book vient d'être inventé.