B.Traven. Rosa blanca, Trad. de Charles Burghard, revue et augmentée par Pascal Vandenberghe, La Découverte, 261 p.

On connaît surtout B.Traven (1882-1969), auteur mystérieux traduit en plus de vingt langues sous ce pseudonyme, par Le Trésor de la Sierra Madre (1927) et le film de John Huston (1948). Mais on peut maintenant redécouvrir ses talents de conteur dans un autre de ses nombreux romans, Rosa Bianca (Die Weisse Rose, 1929). Avec un réalisme précis et dépouillé, il développe les thèmes chers à l'auteur: l'action se déroule dans une hacienda mexicaine, propriété d'un vieil Indien qui y vit avec son clan. Le lieu est convoité par une société pétrolière américaine. Avec une ironie plaisamment teintée d'humour, Traven conte les manigances du président de la compagnie pour avoir raison des indigènes. C'est le procès du capitalisme à travers une intrigue captivante et avec des arguments dont tous ne sont pas désuets. Au mode de vie et à la société qu'il entraîne s'opposent, avec un idéalisme naïf mais non sans charme, le récit d'un amour intransigeant et une attrayante évocation de l'existence rurale au Mexique. Dans la même veine et chez le même éditeur, à découvrir aussi, les nouvelles inédites du Chagrin de saint Antoine.