Ed. D'autre part, 154 p.

Pas besoin d'espérer être publié pour entreprendre d'écrire, ce pourrait être la devise du Biennois François Beuchat, né en 1945. Les 3500 pages qu'il a noircies à ce jour ont fait l'objet d'un unique volume, Ballade en rose et noir, paru en 1988 aux Editions du Panorama de Paul Thierrin, maître ès aphorismes. Pasc al Rebetez prend la relève avec ce recueil de textes courts, souvenirs et choses vues, évocations sensibles des moments d'une vie, de l'enfance à l'écriture. Les titres donnés à ces morceaux d'une page ou deux, rarement plus, en résument le propos ou l'humeur, ainsi «La Mouche du Buffet de la gare et le livre de Proust» ou «Plié comme le soupir qui fait trembler le cœur». Entre la fable et le poème en prose, ces vignettes s'offrent comme un kaléidoscope d'impressions fugitives ou essentielles. Souvent marquées au coin de la mélancolie mais non dénuées d'humour et de grâce légère, elles ressemblent parfois à des chansons ou à des comptines. A propos des pages écrites qui attendent toujours quelque chose, «vis, armature, vilebrequin», Beuchat affirme: «Les pages doivent avoir la vie dure, les pages écrites d'un cœur tremblant.»