Lydie Violet & Marie Desplechin. La Vie sauve. Seuil, 130 p.

L'une s'est occupé toute sa vie des livres des autres dans de grandes maisons d'édition. L'autre a écrit plusieurs romans avec talent. Lydie Violet et Marie Desplechin ont uni leurs plumes pour livrer un témoignage émouvant, la lutte de la première pour avoir la «vie sauve». A moins que ce soit la vie elle-même qui sauve. C'est une lecture possible, tant Lydie Violet met de pugnacité à profiter d'une existence menacée. Un jour d'août 2001, quand les attachées de presse parisiennes se préparent à la tempête de la rentrée, elle tombe, foudroyée par un mal gravissime, un cancer cérébral. Le livre retrace son combat pour différer le plus possible la chimiothérapie qu'elle semble craindre plus que tout. Elle perdra ce round-là mais les victoires quotidiennes, les petits défis, les bonheurs aussi nourrissent le récit qui en font un document intéressant. L'hôpital inhospitalier, le mari qui s'enfuit, les auteurs oublieux, du côté amer; les fidèles, les enfants qui sont une raison de vivre, les amants qui fournissent une diversion agréable, sur le versant heureux. Et les copines, bien sûr, car «le plus court chemin de soi à soi, c'est l'autre», dit Paul Ricœur en exergue. Ce livre (où l'humour ne perd pas ses droits) en témoigne.