Michèle Desbordes. Un Eté de glycine. Verdier, 108 p.

Après Léonard de Vinci dans La Demande et Camille Claudel dans La Robe bleue (Verdier, 1998 et 2004), c'est à William Faulkner que Michèle Desbordes rend hommage dans ce nouveau récit. Cette évocation d'une fascination ancienne pour le maître du petit comté universel de Yoknapatawpha prend appui sur les souvenirs de lecture des deux romans que Faulkner commença par intituler Maison obscure: Lumière d'août, commencé peu après la mort de sa première fille Alabama et Absalon, Absalon! entrepris après la naissance de la petite Jill. Mais Michèle Desbordes ne s'embarrasse pas de références exactes. Son récit est une manière de poème musical qui rapproche les bords de Loire de ceux du Mississippi, dans une lente litanie des éternels recommencements, des premiers chagrins de l'enfance et de l'adolescence, de la tristesse, des rêves déçus, du retour à la maison où l'on naît pour mourir, où l'on meurt de désespoir pour renaître. Surgit alors cette hypothèse que le petit mulâtre du Commandement (Gallimard, 2001) vient en droite ligne de celui que ses initiales de «dieu-mort-sur-la-croix» désignent chez Faulkner comme l'incarnation innocente du malheur humain.