Yasushi Inoué. Rêves de Russie. Trad. de Brigitte Koyama-Richard. Phébus, 286 p.

L'oeuvre d'Inoué (1907-1991) est particulièrement variée: entre la petite musique et les grandes orgues, le célèbre Japonais pouvait aussi bien signer de courtes nouvelles intimistes que de vastes sagas qui paraissaient en feuilletons dans la presse de son pays. C'est à ce genre-là qu'appartient Rêves de Russie (Oroshia Koku Suimutan), qui se nourrit d'une histoire vraie: «La vie d'un marin naufragé originaire d'Ise qui, après avoir traversé la Russie, parvint à rentrer au Japon», comme l'écrit Inoué. Son

roman se situe à la fin du XVIIIe siècle et raconte l'odyssée d'un capitaine qui, avec son équipage nippon, fait naufrage sur une île perdue, au sud du détroit de Béring. Dans ces décors hallucinants, totalement hostiles, les survivants doivent apprendre à jouer les Robinson, à lutter contre le froid et la solitude. Puis ils affronteront les glaces sibériennes, et s'aventureront vers le Saint-Pétersbourg de la Grande Catherine, où ils découvriront une civilisation fascinante. Le retour au pays sera nettement moins enchanteur… Un roman à la Jules Verne, qui dépeint une Russie mythique, exotique, dans son écrin de légendes.