Couleur espérance, la mémoire ouvrière juive

Textes autobiographiques présentés et traduits par Nathan Weinstock

Metropolis, 350 p.

La connaissance de l'histoire du judaïsme est indispensable à la compréhension de ce qui se passe actuellement au Proche-Orient. Mais cette mémoire est marquée à la fois par des tragédies et par des controverses. On comptera au nombre des premières la disparition de la culture juive traditionnelle lors de la destruction du peuple juif par les nazis et, à propos des secondes, on rappellera la longue rivalité entre le sionisme et le mouvement ouvrier juif, le Bund, qui se développe dans la zone de résidence juive de l'empire russe à la fin du XIXe siècle.

Héritier à la fois du mouvement des Lumières, de la tradition révolutionnaire occidentale et de l'attente messianique, le Bund apparaît en général comme un mouvement laïque et universaliste, qui s'opposerait au nationalisme du sionisme. Mais sionisme et bundisme ne sont-ils pas plus profondément deux expressions du messianisme juif? Poser la question, c'est y répondre affirmativement.

Les textes réunis, présentés et traduits par Nathan Weinstock, sont précieux à plus d'un titre. Témoignages de la base en quelque sorte, ils racontent une réalité sociale et culturelle disparue. Ils sont traduits à partir d'une langue de moins en moins accessible. Ils parlent des grands conflits qui ont secoué le judaïsme et de ses engagements politiques et religieux. Ils appartiennent donc à la culture de la révolution et de la nation en Europe.