Entre Dumas et Zévaco, le romancier espagnol Arturo Pérez-Reverte cultive l'esprit du feuilleton avec bonheur. Voici un nouveau personnage, évoluant à Madrid sous Philippe IV, dans le Siècle d'or espagnol, copain du poète Quevedo, croisant Lope de Vega: Alatriste, pas plus capitaine que moi, ancien baroudeur des guerres de Flandre, dont la faim a fait un spadassin taciturne sans trop de scrupules. Enfin presque: il ne tue jamais que de face, en loyal duel. Trois hommes masqués le convoquent, lui paient d'avance un meurtre… et il a la faiblesse d'épargner le blondin anonyme désigné à son estocade: pas moins que le prince de Galles venu courtiser l'Infante! Alatriste est un homme mort, il ne l'ignore. Les commanditaires (le grand inquisiteur, le secrétaire du roi, le favori Olivares) n'ont pas intérêt à laisser courir un homme qui en sait trop… Pourtant, après divers et tumultueux guets-apens, Olivares l'épargne, sûr de son silence. Le valet d'Alatriste, un jouvenceau admiratif, tient la chronique de ces plaisantes aventures. Forcément à suivre, car la revue Semanal a déjà publié en avril dernier le début de l'épisode suivant!

Arturo Pérez Reverte, Le Capitaine Alatriste, Trad. de Jean-Pierre Quijano, Seuil, 222 p.