Livres. Enfants, par Cécile Grace

Jean Gourounas Avis de tempête Editions du Rouergue

Jean Gourounas

Avis de tempête

Editions du Rouergue

Dès 4 ans

Comment peuvent bien s'occuper les enfants à l'intérieur, quand il fait un temps de chien à l'extérieur? Grande idée de Loïc: prendre un bain. Après son fameux album d'Opéra bouffe (2001), où Jean Gourounas nous offrait une scène délirante autour d'un frigo, il s'empare cette fois du moment du rituel des ablutions pour le transformer en situation cocasse. Les phrases courtes et dynamiques, le graphisme percutant composent un album hilarant aux clins d'œil irrésistibles, où chacun retrouve un petit bout de son enfance. Car les adultes oublient vite le temps où le bain signifiait autre chose qu'un moment de détente et de soins du corps. Pour les enfants, il est avant tout une invitation à hisser la grand-voile de l'imagination. Et Loïc n'en manque pas. Son bain se transforme en courant «bouillant» du Gulf Stream, où les savons prennent des allures d'hélicoptères et la douche d'eau chaude engendre le réchauffement de la planète. Ce qui entraîne, bien entendu, le débordement des océans, inondant tout sur leur passage, et surtout les voisins du dessous qui n'apprécient guère les douches involontaires.

Karen Cushman

La Ballade de Lucy Whipple

Trad. de Raphaël Fetjö

L'Ecole des loisirs, Médium, 207 p.

Dès 11 ans

L'idée de ce roman a germé dans la tête de Karen Cushman à partir d'une constatation statistique révoltante: 90% des gens qui ont émigré en Californie, lors de la ruée vers l'or, au milieu du XIXe, étaient des hommes. Nulle part il n'est fait mention des 10% restants qui sont, bien sûr, des femmes et des enfants. Son regard soucieux du détail se porte donc sur une famille ordinaire du Massachusetts, qui décide de se rendre sur la côte Ouest à la mort du père. Californie, l'aînée, personnage central du roman, n'a aucune envie de partir. Il faut dire qu'en 1849, cinq mois de bateau et un mois de carriole sont nécessaires pour atteindre cette «terre promise». En fait de paradis, Lucky Diggins ressemble à «un tas d'ordures et de boue», où se dressent quelques tentes, dont un saloon et une pension de famille pour chercheurs d'or crasseux. L'auteur peint des portraits truculents de ces personnages dignes des meilleurs westerns, qu'elle décrit à travers le journal intime et les échanges épistolaires de l'adolescente Californie, devenue Lucy, afin d'éviter de porter le nom d'une région qu'elle déteste.

Publicité