Clotilde Bernos, texte, Nathalie Novi, illustrations

Moi, Ming

Rue du monde

Dès 9 ans

Tout commence comme un jeu d'enfant, «J'aurais pu naître… reine d'Angleterre… Crocodile… Emir… Sorcière…» Le thème se décline et le héros inconnu se penche sur sa destinée. Il s'autorise les fantaisies les plus incongrues sur le mode du conditionnel. Les pastels emplis de malice de Nathalie Novi viennent accentuer cette folie des grandeurs. Au gré de ses rêves, le personnage dévoile petit à petit sa modeste identité. Il se prénomme Ming, il est Chinois et habite au bord du lac Koukonor. La vie de ce grand-père ne ressemble en rien aux fastes imaginés. Chaque jour, il accompagne sa petite fille sur le chemin de l'école. Tenir sa main, la voir sourire, sautiller et chanter lui donnent le sentiment d'être le dépositaire d'un trésor inestimable, l'amour. Son plaisir est si grand qu'il en apprécie sa condition d'homme simple. Sous une apparente naïveté, Clotilde Bernos dénonce, dans la première partie, les travers du pouvoir et ceux de la célébrité, qui font écho à la philosophie d'humilité de la deuxième partie. La condition d'un «puceron» dans l'Univers n'a rien de dégradant lorsqu'on possède l'essentiel!

Jean-François Chabas

Noraughengi

Thierry Magnier, 89 p.

Dès 13 ans

Noraughengi est le nom étrange d'une montagne imaginaire. Elle incarne un de ces «ogres gigantesques», dévorant les vies des braves qui tentent de l'escalader. Son nom résonne aux oreilles d'Aram, jeune alpiniste averti et héros du récit. Il ne peut résister longtemps à la tentation. Noraughengi fascine et obsède, sans qu'aucun guide ne parvienne à la conquérir. Les sherpas craignent ses pouvoirs surnaturels. Rien n'effraie Aram, ni la mort, ni le danger. Il se considère comme le meilleur, avec la force de vaincre et de dompter «l'ogre blanc». Pourtant la montagne viendra à bout de son courage, lui rappelant la place de l'homme face aux forces de la nature. Ce roman rend hommage aux alpinistes et amis de Jean-François Chabas décédés lors d'une randonnée. Montagnard et écrivain lui-même, il tente d'expliquer l'attrait irrésistible de ces sommets mortels sur les humains. Une part de vanité conduit Aram dans sa conquête, alors que le guide cherche à trouver un sens à la mort de son père. Chacun y va de ses motifs personnels, mais il restera toujours une ombre de mystère au tableau qu'aucune rationalité ne parvient à éclaircir.