Freddy WŒts, texte

Pierre Mornet, illustrations

Le Mystérieux Chien de la mer

Nathan/Demi-Lune, 40 p.

Dès 8 ans

Un court roman pour les lecteurs qui aiment s'imprégner, en quelques pages, d'atmosphères étranges: sur l'île d'Aran, une île de landes et de tempêtes, vivent Hanna et sa famille. Un père «fée du logis», toujours les mains dans la farine, une mère «arpenteuse d'étoiles», beaucoup de frères et sœurs. La jeune Hanna part un jour de grand vent avec son chien Fagh; c'est alors que le drame arrive: en voulant soigner un dauphin échoué, la fillette et son chien sont emportés par les vagues, seule l'enfant survivra. L'histoire, jusque-là réaliste, change alors de registre et offre aux tourments d'Hanna un dénouement fantastique, un réconfort issu des légendes marines. Nathan propose, avec ses collections pour jeunes lecteurs autonomes, des ouvrages très soignés, où l'illustration soutient encore beaucoup l'enfant dans sa lecture; ici, les images évoquent les intérieurs début de siècle de Vallotton, les postures figées contrastent avec un texte vivant, riche de dialogues enjoués.

Rachel

Hausfater-Douïeb, texte

Olivier Latyk, illustrations

Je ne joue plus!

Casterman/Les Albums Duculot

Dès 6 ans

«Quand la guerre arrive au galop, je jette mes pistolets.» Un jeune garçon est assis dans sa chambre remplie de jouets, mais il ne joue pas. En quelques phrases simples, parfois polysémiques à l'image du beau titre de ce livre, Rachel Hausfater-Douïeb dit les angoisses des enfants face à la violence, aux tours qui s'écrasent, aux «hommes-feuilles qui tombent». C'est, à ma connaissance, le seul album qui fasse expressément référence aux événements du 11 septembre 2001, à ces images que les plus jeunes aussi ont trop regardées. Mais après le constat des jours difficiles, des sentiments meurtris, l'enfant dit ce que sera sa vie plus tard, ce qu'il veut changer dans le monde, pour les autres et pour lui. A la netteté des impressions exprimées répond une grande lisibilité des images: l'univers enfantin acquiert une gravité douloureuse, le même avion rouge multiplie les connotations, les attributs. Face à un sujet aussi sensible, il ne s'agissait pas d'être flou ou indécis; il importait au contraire de canaliser l'angoisse par des mots clairs, des représentations limpides, et tant l'auteur que l'illustrateur y sont parvenus dans le respect de la sensibilité et de la perception enfantines.