Robert Wilson

Une Mort à Lisbonne

Trad. de Marlène et Pierre Bondil

Laffont, coll. Best-sellers, 528 p.

En 1941, l'industriel allemand Klaus Felsen est envoyé au Portugal par les SS pour défendre les intérêts économiques du Reich contre les Britanniques. Cynique et brutal, séducteur et rusé, il assure le transfert du tungstène nécessaire à la Blitzkrieg, puis accueille l'or volé aux juifs, transformé en lingots et convoyé vers le Portugal sous sa responsabilité. Quand le vent tourne, quand la guerre s'annonce perdue, il réussit à garder l'or en fondant une banque et devient lui-même un notable du Portugal salazariste.

Cinquante ans plus tard, Catarina, 15 ans, est retrouvée assassinée sur une plage de Lisbonne. Fille triste de la grande bourgeoisie, elle menait une vie sexuellement frénétique. L'enquête est confiée à Ze Coelho, inspecteur humaniste et non conformiste, lui-même père d'une adolescente.

Entre ces deux intrigues, entre fait divers et fresque historique, ce magistral thriller tisse des liens d'abord ténus, puis de plus en plus troublants. Jusqu'à ce que l'obstination de Ze Coelho fasse voler en éclats les façades respectables de la bourgeoisie lisboète, révélant du même coup ce qui unissait les deux personnages: passion de l'argent, violence sexuelle et vengeance froidement fomentée.

Karen Kijewski

Copy Kat

Trad. d'Aleth Paluel-Marmont

Gallimard, Série noire, 304 p.

Qui a tué Deirdre Durkin, la femme du propriétaire du Pioneer Hotel, bar banal d'une banale ville du Nevada? Un voleur, pour quelques centaines de dollars? Ou bien son mari, comme le croient de nombreux autochtones?

Pour le savoir, Kat se fait barmaid au Pioneer. Policière démissionnaire, perturbée par des cauchemars depuis qu'elle a dû tuer par légitime défense, elle a accepté cette mission comme une sorte de thérapie. Charmée par son patron, veuf au chagrin apparemment sincère, elle apprend à se méfier de tous dans cette petite ville si pittoresque et conviviale. La sœur de la victime est-elle une adorable nunuche, ou une femme amère et frustrée – d'autant plus que son mari était l'amant de Deirdre, aussi belle que manipulatrice? Et ces clients au bar, ces machos soiffards, ne pensent-ils vraiment qu'à leur prochain verre?

Par petites touches, sans violence inutile, Karen Kijewski crée un microcosme dont les tensions, les brisures vont droit au cœur. Presque du Simenon, dans cette quête d'une vérité de l'homme nu, à jamais en insuffisance d'être.