Nouvel an

Des livres pour prendre du recul

Pour passer l’année, des auteurs proposent de pêcher à la ligne, d’observer les coccinelles ou de réfléchir à la fin du travail

Pour 2017, que souhaiter de plus que la compagnie des livres? Pour ce passage vers la nouvelle année, en voici une sélection où il est question de silence, de coccinelles, de truites aussi. Mais pas que. Antoinette Rychner a consacré une année à vivre au milieu d’un pré, dans une roulotte de chantier, à l’écoute du minuscule, petites bêtes et bourgeons, et suivant des yeux le lent ballet des astres. «Appuyée sur une branche, la lune est là». «Devenir pré» se découvre en page 36.

Silence encore avec Thomas McGuane, chantre de l’écriture en milieu naturel, ce Nature writing, cher aux Américains. Reparaît chez Gallmeister «Le long silence», des chroniques sur la pêche à la ligne vécue comme un art de vivre. On chausse avec l’auteur les hautes cuissardes de caoutchouc et on se laisse imprégner par le silence, guettant la truite argentée dans les rivières du Montana.

Lacs et brumes

Autre atmosphère avec Andrée A. Michaud, auteure québécoise qui utilise les codes du roman policier pour écrire sur une enfance des années 1960 à Bondrée, lieu hanté par des drames anciens, à cheval sur deux pays et deux langues. Lacs, forêts, brumes: des adolescentes se laissent piéger, le temps d’un été.

Le pouvoir des mots, Ryszard Kapuscinski l’a éprouvé tout jeune, dans la Pologne des années 1950. Il faut découvrir comment il a osé braver la propagande communiste et décrit dans un reportage la réalité des conditions de vie des ouvriers entassés dans une cité soi-disant idéale. Son approche de reporter, son écriture faite d’écoute attentive et d’empathie est devenue un modèle. «La Mer dans une goutte d’eau» réunit ses plus grands textes ainsi que ceux d’Hanna Krall, sa collègue et amie, soeur dans ce souci de recueillir la parole vive des autres.

Ne plus travailler

A méditer aussi dans ces journées de pause du Nouvel an, les réflexions de Raphaël Liogier sur les nouvelles libertés que nous procurent l’automatisation du travail (lire en page 37). Les robots remplacent l’humain dans plus en plus de tâches. Comment réagir face à la perspective, longtemps rêvée, de ne plus avoir à travailler? Se cabrer dans la peur, réfléchir à une nouvelle approche du travail et à l’emploi de ce temps libéré?

Que ces invitations à la lecture se présentent comme des rencontres, belles et fertiles, annonciatrices d’une année qui le soit tout autant.

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