Le titre laisse présager un manuel d'éducation conjugale, mais c'est de tout autre chose qu'il s'agit: de dialectique éristique, entendez de l'art de conduire ses arguments dans une controverse. Schopenhauer distingue fermement entre la logique qui, dit-il, vise la vérité objective, et la dialectique qui est l'art de donner à ses propositions l'apparence de la vérité. Cela ne concerne pas uniquement les propositions fausses: car «lorsque l'on a raison, on a également besoin de recourir à la dialectique pour défendre son droit, et il faut reconnaître les stratagèmes de la malhonnêteté pour leur faire face, et même souvent en employer certains pour battre l'ennemi de ses propres armes». Réduisant le terme de dialectique à un seul des nombreux sens qu'il avait en Grèce, Schopenhauer en fait un simple instrument au service de la nature autoritaire de l'homme, de sa volonté de pouvoir. C'est pourquoi les descriptions formelles des arguments se trouvent chez lui au même niveau que les stratagèmes psychologiques du genre: «Mettre quelqu'un en colère; car dans sa fureur, il est incapable de porter un jugement exact et de s'apercevoir de son avantage...»

Circé/poche, 122 p.