Le récit de guerre adressé au petit-fils est en voie de devenir un genre, l’âge aidant à surmonter les inhibitions. Dans Cette autre vie, Hannes Köller en aborde toutefois un aspect mal connu: la captivité de milliers de soldats allemands dans des camps de travail au Texas et dans d’autres Etats du sud. Franz était un tout jeune soldat quand il a débarqué dans le port de New York, fasciné par les hautes tours et les vastes espaces. Une vie plus tard, il revient en Amérique, accompagné de Martin, son petit-fils, un adulte en crise. Après les horreurs de la guerre, les camps américains apparaissaient aux prisonniers comme des stations thermales: nourriture abondante, hébergement confortable, activités sportives et culturelles et surveillance discrète. Les travaux des champs – ramassage des pommes de terre, du coton – ne sont pas des sinécures mais pour le mineur qu’était Franz avant la guerre, ces activités de plein air ne sont pas si terribles.