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Sarah Jollien-Fardel: «J’étais révoltée, à l’école, partout»

Son premier roman, «Sa préférée», récit d’une rescapée de la violence domestique, est déjà en piste pour plusieurs prix littéraires, dont le prestigieux Goncourt. L’autrice a reçu «Le Temps» chez elle, en Valais, pour évoquer une adolescence qui nourrit son écriture

Agrandir l'image C'est au moment où Sarah Jollien-Fardel commençait à renoncer à faire publier son roman «Ma Préférée» qu'une éditrice lui a fait part de son intérêt. — © Marie-Pierre Cravedi
C'est au moment où Sarah Jollien-Fardel commençait à renoncer à faire publier son roman «Ma Préférée» qu'une éditrice lui a fait part de son intérêt. — © Marie-Pierre Cravedi

Les 12 membres de l'Académie Goncourt ont retenu mardi 15 titres, dont le premier roman de l'autrice valaisanne Sarah Jollien-Fardel.

«Tout à coup, il a un fusil dans les mains. La minute d’avant, je le jure, on mangeait des pommes de terre. Presque en silence.» Ainsi commence Sa préférée, premier roman de la Valaisanne Sarah Jollien-Fardel. Trois phrases qui posent un ton, un rythme, un climat. Sa préférée dissèque la violence domestique, son impact, son onde de choc, sa force de destruction massive, celle d’un père qui s’abat sur sa femme et ses deux filles.

C’est la plus jeune des deux, Jeanne, qui raconte, des années plus tard, le jaillissement de la violence dans la cuisine familiale, la rage inextinguible qui éclate au moindre prétexte, «ce pouvait être la viande filandreuse du ragoût, un clou de girofle de trop […] Ça pouvait être la pluie ou la chaleur étouffante de la cabine de son camion. Ça pouvait être rien.» C’est Jeanne qui dit les tabassages, les insultes obscènes, «la trouille collée au corps en permanence».

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