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Vacances ratées et humour décapant

Anne Percin plonge brutalement un adolescent paresseux dans une mer de responsabilités

«Comment (bien) rater ses vacances», détail de la couverture. — © Rouergue
«Comment (bien) rater ses vacances», détail de la couverture. — © Rouergue

Anne Percin est une romancière française qui s’oppose à tout étiquetage et ne se considère pas comme une auteure pour la jeunesse. Elle établit d’ailleurs de nombreuses passerelles entre ses différents et multiples ouvrages qui traitent de sujets souvent sensibles comme la solitude, la différence ou la maladie, le tout dans la dérision. Dans Comment (bien) rater ses vacances, paru aux Editions du Rouergue pour la première fois en 2010 et réédité cette année à l’occasion de la sortie du quatrième tome de la série, Anne Percin présente la vie d’un adolescent à l’humour décapant.

Cet été les parents de Maxime veulent partir faire de la randonnée en Corse. Très peu emballé à l’idée de devoir marcher toute la journée affublé d’un sac à dos, le jeune homme de 17 ans décide d’aller au Kremlin-Bicêtre en banlieue parisienne dans le pavillon de sa grand-mère. Pour Maxime, être chez Mamie Lisette, c’est le rêve: grasse matinée, crêpes à volonté et longues heures devant son ordinateur… Mais l’été parfait du garçon bascule lorsque sa grand-mère a un accident et se retrouve à l’hôpital. Maxime va devoir apprendre à tout gérer, y compris lui-même.

Une atmosphère qui émeut autant qu’elle amuse

Anne Percin manie à merveille les registres comiques et tragiques et les entremêle pour plonger son lecteur dans un roman qui n’a de léger que l’apparence. On navigue sur cette frontière qui nous émeut autant qu’elle nous amuse et on découvre une relation authentique et touchante entre Maxime et sa grand-mère. Le héros va également rencontrer une fille mystérieuse et agaçante qui fait son apparition sur SpaceBook: Pika. Entre l’énervement qu’elle lui inspire d’abord, et le début d’une relation amicale (…voire plus encore), il n’y a qu’un pas.

Voici donc un héros au caractère bien trempé qui n’hésite pas à manier l’humour dans toutes les situations. Sa découverte de la vie en solitaire fait plaisir à lire. Entre expériences culinaires désastreuses et aventures catastrophiques, Maxime est un ado dans toute sa splendeur qui se serait bien contenté d’une bonne pizza devant ses films préférés.

Il n’en reste pas moins un personnage touchant, empreint d’une étonnante sensibilité. Il fait son possible pour être présent pour sa grand-mère. La relation qui les unit s’avère pleine de douceur et de pudeur, elle rappelle l’importance de certains liens familiaux parfois délaissés à l’âge de la puberté. Comment (bien) rater ses vacances est un court roman à découvrir, pour tous ceux qui veulent un peu de bonne humeur et de tendresse.

© Rouergue
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Anne Percin, «Comment (bien) rater ses vacances», Le Rouergue, 240 p.