Lorsque vers la mi-juillet on se dit que l’été va passer trop vite, il est temps pour Marco Solari, le charismatique président du Locarno Festival, de réaffirmer sa volonté de faire de la manifestation tessinoise un rendez-vous qui compte à l’échelle internationale. Mercredi matin, à Berne, il a encore enfoncé le clou, affirmant que le festival doit entrer dans la catégorie des «too big to fail», signe d’un incessant travail d’équilibrisme économique. Mais au-delà de son positionnement sur la scène européenne et mondiale, «Locarno reste un festival profondément suisse, qui reflète l’ADN du pays, à savoir le courage et la liberté», a aussi souligné le Tessinois.

Ce courage et cette liberté s’expriment à travers les films programmés chaque été dans les salles locarnaises ainsi que sur l’écran géant de la Piazza Grande. Au Tessin, on perpétue depuis maintenant 72 éditions une tradition d’encouragement au jeune cinéma, en marge d’une défense inextinguible des auteurs pour qui la forme compte au moins autant que le fond. Au moment de dévoiler sa première sélection, Lili Hinstin, nouvelle directrice artistique de la manifestation, est bien consciente qu’elle s’inscrit dans cet héritage. «On espère provoquer surprise et questionnement. Chaque film sélectionné est une œuvre qui représente un point de vue personnel sur le monde», insiste-t-elle.