La tradition veut que les films présentés en Compétition à Locarno rassemblent des pépites du cinéma d’auteur, les premiers traits de grandes œuvres à venir et le restant de la colère de Dieu. L’édition 2022, la seconde du directeur artistique Giona A. Nazzaro, a perpétué la coutume. A côté de Skazka (A Fairytale), du vétéran Alexander Sokurov, essai poétique sur la nature du mal dans la lignée de la Divine Comédie, se pressent un polar français bien glauque (Saturne Bowling, de Patricia Mazuy), une bouffonnerie transalpine paillarde (Il Pataffio, de Francesco Lagi), un documentaire autrichien consacré à la prolifération des déchets sur la planète (Matter out of Place, de Nikolaus Geyrhalter), et des objets non identifiés comme Human Flowers of Flesh, de Helena Wittmann (une mosaïque de moments décousus) ou Piaffe, d’Ann Oren (comment une queue vint à une jeune hippophile)…