«La Neuvaine», de Bernard Emond (Canada)

L'auteur: Né en 1951 à Montréal, cet anthropologue de formation a travaillé pour la télévision inuite. Auteur de documentaires depuis 1992, il a signé, en 2001 et 2003, deux précédentes fictions qui ont été montrées à la Semaine de la critique à Cannes.

L'histoire: Une doctoresse sur le point de se suicider est sauvée par un jeune homme qui pratique une neuvaine (neuf jours de prières) parce que sa grand-mère est en train d'agoniser.

L'ambition: Existentialisme, foi, mort et espoir: le cinéaste n'est pas du genre futile.

Les pour: La construction en petites séquences assez sèches crée une chaîne visuelle alors que, simultanément, les personnages construisent, en douceur, une chaîne de solidarité.

Les contre: L'accablement un peu fabriqué des personnages, associé à une mise en scène plombée, mènent le spectateur vers l'ennui. Beaucoup de sièges ont claqué durant la projection.

La réplique: «Ce que je ne peux pas supporter, c'est le dégât des souffrances perdues. Des souffrances qui font qu'on serait mieux mort.»

«L'Accordeur de tremblements de terre», de Timothy et Stephen Quay (GB, Allemagne, France).

Les auteurs: Nés en 1947 en Pennsylvanie, les jumeaux Quay sont les auteurs les plus connus et les plus expérimentés de cette compétition 2005. Installés en Angleterre, ils signent des films depuis 1979, mélangeant réalité et animation. Ils n'ont réalisé qu'un long métrage auparavant: «Institut Benjamenta» (1995).

L'histoire: L'inquiétant Docteur Droz, génie des automates, s'empare du cadavre d'une cantatrice et la réanime pour la mettre en scène dans un opéra diabolique.

L'ambition: Poésie, science-fiction, fantastique, conte de fée, tous mélangés dans une allégorie sur la folie et l'obsession.

Les pour: Les tableaux composites proposés par les frères Quay suscitent l'admiration.

Les contre: Malheureusement, ces tableaux sont des images de film, censées susciter une émotion lorsqu'elles s'enchaînent. Or c'est le contraire qui se produit: l'impression d'assister à un film sans vie.

La réplique: «Malvina, mon rossignol, tu chanteras pour toujours dans ma cage.»