classique

L’OCG, entre trompette, piano et micros

Il est à espérer qu’un généreux donateur s’engage pour l’OCG, dont le potentiel et les projets restent plus que convaincants

Critique de l’OCG

Entre trompette, piano et micros

Si Arie van Beek et son Orchestre de chambre de Genève (OCG) ont offert une formidable 9e Symphonie de Chostakovitch en clôture de programme, hérissée de sonorités drues et d’une vitalité joyeuse, Haydn aura joué son rôle de révélateur. La 90e Symphonie, qui ouvrait mardi soir le programme au BFM, a souffert des mêmes défauts que lors de précédents concerts. Problèmes d’attaque et de justesse aux cors, violons mal unifiés avec un meneur trop présent, et flottements d’ensemble récurrents. Mais le travail accompli en une année montre des améliorations indéniables.

Il reste un souci de taille: la sonorisation de la salle. Pour pallier l’acoustique inadaptée des lieux, un système d’amplification est utilisé depuis plusieurs années. David Greilsammer en a usé sans retenue. Mais l’habitude prise par le prédécesseur ne fait qu’aggraver les choses. Le son d’ensemble est artificiel, les détails à la fois grossis et effacés, la masse orchestrale venant de partout, sans différenciation naturelle des pupitres. Tout s’entend, dans un bain ronflant…

Une solution s’avère impérative à trouver. Coque transportable et démontable, panneaux, voiles? D’après le secrétaire général Andrew J. Ferguson, Artfluvial ne devrait probablement pas investir dans ce genre de dispositif. Il ne reste qu’à espérer qu’un généreux donateur s’engage pour l’OCG, dont le potentiel et les projets restent plus que convaincants.

En attendant, on retiendra une ultime prestation fluctuante, au cœur de laquelle le pianiste Andrei Korobeinikov et le trompettiste David Guerrier ont brillé. Le premier, au jeu percussif, fluide et lyrique dans le Concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes de Chostakovitch, a encore offert un étonnant bis de son cru. Le deuxième a traversé le célèbre Concerto pour trompette de Haydn sur un nuage. Il y a chez David Guerrier une étonnante patine de l’éclat. Son étincelant mais velouté, attaques fulgurantes mais douces, lignes souples mais aveuglantes, rondeur de jeu mais technique ébouriffante. Le tout sur une simplicité et un naturel de grand enfant. La clarté des couleurs, les filés de rêve émergeant du silence comme une clarinette, la justesse parfaite, les aigus impériaux et les extrêmes acrobatiques du registre enfilés comme perles sur collier rappellent que, de ce niveau et de cette facilité, il n’en existe qu’un. Car en plus il maîtrise aussi bien le cor et s’est mis au chant, comme cerise sur le gâteau. What else?…

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