Classique

L’OCG tendu vers l’avenir

L’orchestre genevois développe ses projets et son identité avec constance. Les fruits mûrissent

Vers quel horizon se dirige donc la silhouette d’Arie van Beek? De dos, en ombre chinoise, le chef de l’OCG semble observer un futur aux lueurs prometteuses. La couverture du programme de la prochaine saison a quelque chose de mystérieux. Et l’injonction est porteuse: «… Cultivons la différence!».

L’identité de l’Orchestre de chambre de Genève s’appuie donc maintenant sur un slogan. La singularité brandie en drapeau, les quarante musiciens et l’administration progressent vers un même but: la qualité, l’exigence et l’ambition associées à la simplicité comme à la convivialité. Des collaborations et projets transversaux sont aussi conçus dans une cohérence revendiquée. Le secrétaire général Andew J. Ferguson, le président de la fondation Alain Petitpierre et le chef Arie van Beek s’emploient à concrétiser leurs rêves communs.

«Depuis trois saisons, c’est une histoire d’amour qui s’est construite avec l’orchestre, déclare le directeur musical. Et j’ai eu la grande joie d’être renouvelé dans mes fonctions pour un mandat de trois ans», ajoute-t-il. Une reconnaissance à laquelle s’ajoute l’intégration de l’OCG à l’Association suisse des orchestres professionnels, depuis le début de l’année.

Les énergies sont positives et la solidité budgétaire résiste à la baisse de la manne publique. «2% sur 45% de subventions de notre budget général, c’est pour l’instant absorbable, même si ce n’est pas réjouissant», précise Andrew J. Ferguson. L’effectif instrumental se renouvelle peu à peu. Quand l’équilibre financier sera assez fort, l’OCG pourrait envisager de repartir en tournée, pour renforcer son rayonnement et resserrer les liens techniques, musicaux et humains de l’orchestre. «Nous y pensons», révèle Alain Petitpierre.

De la Russie à l’Amérique

Pour l’heure, le programme se décline dans les formes thématiques chères à Arie van Beek. Les tarifs des six concerts de soirée à l’abonnement (de 264 fr. à 162 fr.) ou à l’unité (de 50 à 15 fr. la place) s’avèrent attractifs. Et les programmes aussi. La Russie ouvrira les feux le 4 octobre avec Antonio Meneses au violoncelle, entre Prokofiev, Tchaïkovski, Chostakovitch et une création mondiale du Genevois Denis Schuler. L’Amérique fermera la marche avec des pièces de Gershwin, Copland et Cole Porter.

Entre les deux, le compositeur et pianiste Michael Levinas sera invité sous la bannière de «Piano héroïque», les rénovateurs Boulez et Berlioz se partageront une affiche de B à Z défendue par Véronique Gens, Yeree Suh et Contrechamps. Le chef Daniel Reuss tendra aussi un miroir entre Haydn (7 dernières paroles…) et Mendelssohn (l’Italienne). Enfin, une passionnante création chorégraphique flamenca autour des Trois Danses de Frank Martin sera chorégraphiée par sa fille Teresa. Quant au reste de la saison, chorale, pédagogique, estivale, festivalière ou lyrique, les rendez-vous en sont nombreux.


Rens: 022 807 17 90, www.locg.ch

Publicité