Classique

L’OCL, vers une mue tout en douceur

Les «Grands Concerts» de l’ensemble lausannois n’auront plus lieu en début de semaine, mais les mercredi et jeudi. Deux départs au sommet de l’institution sont annoncés pour les années à venir

A l’Orchestre de chambre de Lausanne (OCL), deux départs sont annoncés à l’horizon 2021: celui du directeur exécutif, Benoît Braescu (en juillet 2020), et celui du directeur artistique, Joshua Weilerstein (en juillet 2021). Aucun de ces départs n’est le symptôme d’une violente crise au sein de l’institution. L’un comme l’autre souhaitent partir vers de nouveaux horizons, tout en cédant leur place à des personnalités capables d’assumer ces postes – à repourvoir donc – au sommet de la hiérarchie.

«Je n’ai jamais cru en des changements extrêmes, rappelle le chef titulaire Joshua Weilerstein. Je crois plutôt en un équilibre entre tradition et innovation», autrement dit bousculer un peu les habitudes sans froisser les abonnés. De fait, depuis son arrivée en 2015, il a d’ores et déjà amené un vent de fraîcheur, avec ses prises de parole en début de soirée, les concerts «portes ouvertes» gratuits, les initiatives pour faire jouer les musiciens hors des murs de la Salle Métropole et sa façon très saine et naturelle d’aborder la musique. La recherche de l’équilibre, «entre ce qui rassure et ce qui interpelle», est aussi ce qui motive Benoît Braescu. Mais voilà qu’il était temps de changer la cadence et l’ordonnancement des concerts.

Fil rouge brahmsien

Aussi, les «Grands Concerts» n’auront-ils plus lieu les lundi et mardi, mais les mercredi et jeudi à la Salle Métropole. L’OCL espère ainsi toucher un public qui serait plus disponible en seconde partie de semaine à l’approche du week-end. Ce nouveau planning apportera du confort dans l’organisation, d’abord pour les chefs et solistes invités, qui ne viendront plus à cheval sur deux semaines, mais aussi pour les musiciens, qui ne devront plus mobiliser systématiquement leurs week-ends pour les répétitions.

En amont des festivités pour le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven (né en décembre 1770), Joshua Weilerstein a choisi de rendre hommage à l’un de ses successeurs: Johannes Brahms. Il dirigera les Symphonies Nos 2 et 3 ainsi qu’un bouquet de Danses hongroises couplées à d’autres pièces d’inspiration populaire. Schumann sera aussi présent avec les Symphonies Nos 2 et 4, ainsi que Dame Ethel Smyth, compositrice britannique fortement encouragée par Brahms et Tchaïkovski.

Jeune génération de chefs

L’Australienne Simone Young dirigera le répertoire «fin de siècle» et celui du début du XXe siècle. Si Bertrand de Billy s’attelle à la Symphonie héroïque de Beethoven (avec Gautier Capuçon dans le 1er Concerto pour violoncelle de Saint-Saëns), on attend beaucoup de la jeune génération de chefs incarnée par le Finlandais Klaus Mäkelä, 23 ans, futur chef principal du Philharmonique d’Oslo, son compatriote Santtu-Matias Rouvali, 33 ans, et Dalia Stasevska, 35 ans.

Côté solistes, trois pianistes (l’Espagnol Javier Perianes, le Français Lucas Debargue, l’Allemand Christian Zacharias) se partageront les Concertos Nos 21, 24 et 27 de Mozart. Du reste, le retour de l’ancien directeur artistique Christian Zacharias est attendu. Mais il faut déjà songer au successeur de Joshua Weilerstein, une personnalité capable de perpétuer sa fraîcheur d’esprit, sa spontanéité, son engagement, tout en ayant déjà une maturité confirmée.

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