Il y a les littératures qui nous déplacent et nous font voyager en nous ouvrant à d’autres univers que les nôtres. Et d’autres, plus rares, qui nous font plonger en nous-mêmes et nous rapprochent d’une expérience universelle. Dans Le Roman de Jim, paru aux éditions P.O.L en mars dernier, Pierric Bailly réussit cet exploit avec la subtilité de celui qui connaît et déploie calmement son sujet, son territoire et son propos: la paternité, le Jura, théâtre de la quasi-totalité de ses livres, et l’humanité bouleversante des personnages qu’il sculpte sous nos yeux.