VATICAN

De l’œcuménisme aux migrants, le pape de retour de Genève

Dans l’avion qui le ramène à Rome après une journée passée à Genève sur le thème de l’œcuménisme, le pape a tenu dans l’avion sa traditionnelle conférence de presse en vol. Dans les questions posées, l’actualité internationale a été préférée à l’œcuménisme

Le pape l’annonce d’emblée. Même s’il est heureux de son voyage à Genève, François arrive au bout d’une journée «un peu pesante». Il est en effet fatigué, comme l’ont noté ceux qui lui était proche durant le déplacement. Dans l’avion le ramenant à Rome, jeudi en début de soirée, il parle une trentaine de minutes avec les journalistes.

«Accueillir, accompagner, intégrer»

Il résume son séjour genevois avec le mot-clé «rencontre». Mais la discussion avec les médias du vol papal s’intéresse vite à l’actualité, notamment sur la question migratoire. Les reporters espagnols le questionnent sur l’Aquarius, le navire de l’ONG SOS Méditerranée interdit de débarquer des centaines de migrants en Italie, mais accueilli par Valence. Le pontife a simplement rappelé le message tant de fois répété. Il faut «accueillir, accompagner, intégrer», affirme-t-il, conscient que l’accueil a ses limites. « Chaque pays doit le faire mais avec prudence, ajoute-t-il. Un pays doit accueillir le nombre de migrants qu’il peut accueillir et intégrer.»

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A l’origine de ce que le pape défini une «vague» de réfugiés, la guerre et la faim. La première ne peut pas être résolue, quand la seconde peut l’être, selon le pontife. Pour cela, il faut investir «de manière intelligente pour fournir travail et éducation». Or il y a un «slogan horrible dans l’inconscient collectif, regrette le pape: l’Afrique doit être exploitée, comme si elle était toujours une terre d’esclaves.»

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La conversation avec les dizaines de journalistes à bord du pape se poursuit abordant de vastes thèmes tels la paix et les droits humains. Dans le ciel quelque part au-dessus de la mer ou de l’Italie, Genève et l’œcuménisme, thème du voyage helvète, sont toujours plus distants. Mais François les rattrape en leur accordant ses derniers mots, évoquant peut-être un échange privé, avant de retrouver son premier rang et d’atterrir à Rome. «Il faut enlever du dictionnaire le mot prosélytisme, affirme-t-il. Il ne peut y avoir d’œcuménisme avec le prosélytisme.»

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