«Une chose est sûre: malgré sa simplicité, cette œuvre est celle d'un compositeur accompli.» C'est Rainer Schmidt qui parle, second violon du Quatuor Hagen. Lui et ses collègues ont travaillé cet Allegretto en si mineur, qui tranche avec les quatuors officiels de Beethoven. «De toute évidence, il ne s'agit pas d'une œuvre majeure. Le compositeur l'a écrite comme une offrande musicale à un jeune homme de passage. Il n'a jamais eu l'intention de la publier, d'autant que c'est Richard Ford qui l'a emmenée avec lui dans ses bagages. Sinon, il en aurait gardé un exemplaire pour lui.»

Pourquoi donc vouloir comparer cette pièce au legs beethovénien? «L'écriture est d'une grande concision, poursuit Rainer Schmidt. Par la forme, elle se rapproche des «Bagatelles» pour piano. Mais on n'y trouve pas la même ironie. On dirait un menuet, ou alors un scherzo, qui commence comme par des entrées fuguées. C'est une pièce qui se suffit à elle-même, même si elle appelle une section centrale – un Trio – que Beethoven n'a pas écrite. Pour cette raison, on peut avoir l'impression d'une pièce à demi-achevée. Mais il n'y a pas de doute, pour moi, qu'elle est de Beethoven.»