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Musique

L’œuvre-somme d’Archive, groupe d’électro-rock tourmenté

Le groupe anglais d’électro-rock Archive sort ce vendredi son huitième album studio, «Controlling Crowds». Treize ans après le renommé «Londinium», et après avoir souvent troublé ses amateurs, la formation à l’histoire tourmentée concentre le meilleur de ses atmosphères.

Un album-somme, dont les artisans disent pourtant qu’il ne s’agit que d’un début. Ce vendredi sort en Suisse «Controlling Crowds», nouvel album du groupe d’électro-rock anglais Archive. Qui recolle ses morceaux cassés au service d’une expérience musicale «produite de manière joyeuse», assure Darius Keeler, cofondateur, avec Danny Griffiths, de cette formation à géométrie très variable.

En 1996, Archive publiait «Londinium», propulsé d’emblée chef d’œuvre d’un genre mort-né, le trip hop. L’étiquette était aussi accolée à Massive Attack et Portishead.

Pour Archive, c’était le début d’une odyssée passée par l’abandon de la plupart des chanteurs et chanteuses du groupe, une pause pop qui a décontenancé de nombreux amateurs («Take My Head», en 1999), puis un virage planant et sombre, souvent lié à l’héritage de Pink Floyd, dans «You all look the same to me» (2002) ainsi que «Noise» (2004). Il y a trois ans, après une nouvelle rupture avec le chanteur d’alors, le collectif proposait «Lights», approfondissant la veine d’une musique à la fois portée par les envolées des années 70 et structurée par une profonde charpente électronique.

«Controlling Crowds» a valeur de somme, donc. Copieuse, d’abord: plus d’une heure et quart pour la version simple, près de 100 minutes dans l’édition double. Le groupe a rappelé le rappeur Rosko John, voix de «Londinium». Il confirme la présence de la chanteuse Maria Q aux côtés de Pollard Berrier et David Penney.

Découpée en trois parties, l’œuvre semble rassembler les expériences musicales de ses créateurs. Notamment au travers de quelques plages longues dont ils se font une spécialité, le morceau titre et programmatique, ou l’envoûtant «Collapse/Collide», qui fait coexister une naïveté presque fleur bleue avec ces nappes vicieuses propres aux deux bidouilleurs. Lesquels réussissent à générer des ambiances variées, qui troubleront parfois (à nouveau!) certains fidèles venus plus tard, tout en creusant le registre obsessionnel, au niveau rythmique, qui les caractérise.

Aujourd’hui, les complices se disent dégagés des tourmentes passées: «Nous adorons travailler ensemble», jure Darius Keeler. «Pour nous, «Londinium» est très très loin. Je l’apprécie lorsque je le réécoute, mais j’y entends le son et les paroles de jeunes gens, avec une forme d’optimisme – alors même que sa production avait été un cauchemar. Nous avons fait nos expériences, nos erreurs aussi. «Controlling Crowds» constitue notre œuvre la plus complète à ce jour.» Qu’importe, une suite de l’album – sa quatrième partie, déclinée en 11 morceaux – est déjà prévue.

Les nappes souterraines d’Archive, histoire et explication du titre («contrôler les foules») par ses auteurs, ce jeudi dans «Le Temps».

«Controlling Crowds». Warner Music. Sortie le 27 mars.

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