Les prix d’honneur comme piliers de la politique culturelle fédérale. En plein débat sur la nouvelle loi sur l’encouragement de la culture, le directeur de l’Office fédéral de la culture (OFC) Jean-Frédéric Jauslin insiste: il est «impératif» que l’OFC conserve l’appui à la relève, par le biais des distinctions ou des aides aux hautes écoles proposant des filières artistiques. A l’heure du bilan annuel, le directeur vante la réforme des prix menée ces dernières années, avec l’instauration des «Swiss Art Awards», nouvelle forme du concours fédéral d’art, ainsi que les trophées Quartz pour le cinéma et la création d’un prix récompensant les organisateurs d’une exposition d’art contemporain jugée remarquable. Initiatives menées avec l’appui de sponsors privés.

Pro Helvetia gâtée

Au terme du premier débat, le Conseil national a dépouillé l’OFC d’une partie de ses prérogatives, dont l’aide à la relève et les manifestations d’importance nationale – les festivals, notamment – au profit de Pro Helvetia. La commission des Etats s’oppose à cette retouche, également fustigée par Pascal Couchepin. La Chambre haute se prononcera en plénum le 4 juin.

Selon Jean-Frédéric Jauslin, «la Confédération doit absolument prendre la politique culturelle au sérieux, sans attendre de voir ce que font les cantons ou les villes. Et pour cela, il est fondamental que l’OFC, autorité légitime de la Confédération, s’occupe de l’aide à la relève.»

En somme, sans la «proximité avec le gouvernement», comme dit encore le Neuchâtelois, le maillage de l’OFC se déferait. L’Office met en relief la logique de sa construction: d’abord la capacité à repérer les jeunes talents, puis la récompense aux artistes établis, dans une continuité. Après, selon toute vraisemblance, quelques passes d’armes entre les deux chambres, les parlementaires finiront par trancher.