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L’offrande d’une écrivaine à son fils disparu

Dans un texte bouleversant, Yiyun Li, écrivaine américaine née à Pékin, renoue le dialogue avec son fils, qui s’est suicidé à l’âge de 16 ans

Un récit sur le suicide n’est jamais simple, celui d’une mère conversant avec son fils qui s’est donné la mort à l’âge de 16 ans, encore moins. Yiyun Li, écrivaine américaine née à Pékin, puise dans sa propre expérience pour écrire La douceur de nos champs de bataille, dialogue imaginaire entre elle et son fils disparu. Plainte et larmes sont ici tenues à distance et c’est toute la force de ce court texte. L’auteure parvient, par la construction dialectique, à traverser le mur de l’indicible jusqu’à atteindre une paix partageable.

Car cette discussion-débat d’une vivante avec un mort se présente sous la forme d’une joute verbale, une dispute lexicale entre deux esprits brillants et créatifs: une mère écrivaine à l’exigence indulgente et un fils précoce qui ne s’autorise aucune médiocrité, une femme qui admet l’imperfection et un garçon en quête incessante de perfection. Il est aussi là le combat, le champ de bataille: une guerre des mots, sur fond de questionnement autour de la mort, de la vie, des regrets, de la culpabilité, du parfait, de l’imparfait, de la maternité, de la parentalité, de l’éducation et de l’amitié.