Avant même de savoir écrire, Lola Lafon dansait. Du classique d’abord, à partir de 6 ans, puis du contemporain. La compétition, la contrainte physique, les enfances sacrifiées à la rigueur des entraînements, elle les connaît de l’intérieur. La restitution des enjeux de cette discipline exigeante est la grande réussite de son sixième roman, Chavirer, ou le portrait d’une jeune danseuse doublement piégée par un réseau de pédophilie: comme victime d’abord, puis comme complice en y précipitant des filles de son collège.

Ce n’est pas la première fois que Lola Lafon porte en fiction l’univers de la danse et des corps, tour à tour performants ou blessés, objets de pouvoir ou de prédation. Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (2011) mettait en scène deux danseuses qui partagent le secret d’un viol. Avec La Petite Communiste qui ne souriait jamais (2014; 100 000 exemplaires vendus), elle s’intéressait à la vie de l’athlète roumaine Nadia Comaneci, la gymnaste prodige adulée puis lynchée.