Il n’est pas à Berlin, bien sûr. Mais son ombre plane sur la Berlinale… The Ghost Writer, le thriller énergique et caustique tiré de L’Homme de l’ombre, le best-seller de Robert Harris, a été présenté vendredi à la presse dans un Palais du Festival comble. Ce dernier film de Roman Polanski retrace les déboires d’un ancien premier ministre britannique rattrapé par son passé et traqué par les médias…

Des dialogues souvent drôles, dee clins d’œil à l’actualité, plusieurs coups de caméra sur des scènes absurdes du quotidien, le démontage systématique du politicien en direct à la télévision…

Le spectateur sent le regard perçant du metteur en scène tout le long du film et se laisse prendre par l’histoire. Le scénario fonctionne, Polanski recourt à ce qu’il faut d’effets spéciaux (mais pas top) pour la touche grand public. La salle conquise, rit et applaudit.

Soutien de stars

The Ghost Writer, montré en l’absence de Polanski, était défendu hier par l’ensemble de l’équipe. «Je dois avouer que c’est bizarre que Roman ne soit pas assis ici, au milieu de nous, a regretté le producteur Robert Benmussa. J’ai toujours pensé que le film serait achevé. Lorsque Polanski a été arrêté, le gros du montage était fait. Et quand on parle de Polanski, «le gros», ça veut dire 99% du film. Une fois interné, Polanski n’a jamais cessé de travailler. Nous lui faisions parvenir des paquets en prison, par l’intermédiaire de son avocat suisse. C’est comme ça qu’il a pu finir le film.»

«Travailler avec Polanski est une expérience magique, a expliqué l’acteur Pierce Brosnan après la projection. Chaque jour, il faut donner le meilleur de soi. C’était un travail très intense, très excitant.»

«J’ai appris davantage avec lui qu’avec tous les autres metteurs en scène avec lesquels j’ai pu travailler a ajouté pour sa part McGregor. Polanski est très direct et, au début, c’est assez désagréable. Mais dès qu’on a compris qu’il ne faut pas prendre ses critiques de façon personnelle, c’est fantastique de travailler avec lui. En fait, il est comme une mère: il agace, mais, souvent, il a raison!»

Pas de prise de position de la part du festival

Le film, présenté en compétition pour l’Ours d’or, aurait dû ouvrir le festival. «Mais cela aurait pu être interprété comme une prise de position sur un sujet dont nous ne voulions pas nous mêler», explique Dieter Kosslick, le directeur de la Berlinale.

Berlin en tout cas a réservé à Polanski un accueil à la hauteur de la stupeur et de l’indignation causées en Allemagne par l’arrestation du metteur en scène.

Polanski ne sera pas extradé avant décision américaine en appel sur contumace. C’est ce qu’a fait savoir vendredi le gouvernement de la Confédération. (ATS)