MUSIQUE. Les critiques du Financial Times ont piqué une tête en avant pour évoquer les événements culturels de 2005 avant que nous y goûtions. Au programme lyrique, un nouveau Cyrano de Bergerac au Metropolitan Opera de New York, coproduit par le Royal Opera House de Covent Garden à Londres et produit par Francesca Zambello. La première est prévue pour le 13 mai, avec Placido Domingo pour le rôle-titre. Inédit: l'œuvre sera chantée en français, la langue originale du livret, et non pas en italien comme la première mondiale à Rome en 1936. Ajoutons un nouveau Don Juan dirigé par Riccardo Muti à La Scala de Milan (10 mars), un Peter Grimes de Simon Rattle et Trevor Nunn à Salzbourg (19 mars), la version de Tristan et Iseult par Peter Sellars et Bill Viola à la Bastille (12 avril) et les promesses d'un étincelant Cosi fan tutte par Daniel Harding et Patrice Chéreau à Aix-en-Provence en juillet prochain. «Cela fait longtemps qu'une année musicale ne m'a autant réjoui», applaudit Andrew Clark, le critique musical du FT.

CINEMA. Ray Charles est mort, vive Ray Charles. De son vivant, le roi de la soul music avait donné son accord à la réalisation d'un film sur sa vie. Il avait même réenregistré certains de ces succès pour composer la bande-son et s'était montré très chaleureux avec Jamie Foxx, l'acteur choisi pour l'incarner. Il aura fallu une quinzaine d'années pour que le film sorte en salles. Ray Charles est mort en juin dernier et Ray, son miroir filmé par Taylor Hackford, a été l'un des grands succès du box-office américain de la fin de l'année. Sa sortie européenne est prévue en février. «Une fresque de trois heures, déchirante et géniale, qui pourrait valoir l'Oscar du meilleur acteur à Jamie Foxx», prédit Nigel Andrews, critique de cinéma au Financial Times.

CINEMA, bis. Newsweek mise sur un autre genre de pellicule. Parmi les dix personnalités que le magazine d'actualité américain a choisi pour marquer l'année 2005 figure le réalisateur espagnol Alejandro Amenabar. Après le succès de Les Autres (2001), qui a sorti Nicole Kidman de l'ombre de son ex-mari Tom Cruise, Hollywood est venu frapper à la porte de ce Chilien d'origine, installé à Madrid depuis que sa famille a fui le régime Pinochet. La production américaine avait déjà plus qu'un œil sur son talent, puisque Vanilla Sky de Cameron Crowe est un remake de l'un de ses premiers films, Ouvre les yeux (1998). Mais Amenabar ne veut pas d'Hollywood. «Ce qui me motive, ce sont les histoires que je veux raconter. Bien plus qu'un vol sur Hollywood», réplique le réalisateur espagnol à Newsweek.

EXPO. Charles Saatchi aurait-il perdu la raison depuis l'incendie du dépôt qui contenait une partie de sa collection? Le riche collectionneur était jusqu'ici le bavard défenseur de la génération des jeunes artistes britanniques qui, outre la provocation, avaient en commun une sainte horreur de l'art encadré. Et voilà qu'il se met à croire à la peinture: dès le 26 janvier, la Saatchi Gallery de Londres inaugure une série d'expositions intitulées «Le triomphe de la peinture». Le premier accrochage rassemblera des tableaux de Martin Kippenberger, Peter Doig, Marlene Dumas, Luc Tuymans, Jorg Immendorf et Hermann Nitsch. La presse britannique raconte que Charles Saatchi aurait même proposé à sa voisine la Tate Modern – en prêt ou à la vente, les sources divergent – ses œuvres emblématiques du «Brit'Art»: le requin au formol de Damien Hirst et le lit souillé de Tracey Emin.

PATRIMOINE. Retour post-taliban de l'art afghan: après treize ans de fermeture, le Musée national d'Afghanistan rouvre avec une exposition appropriée regroupant une série de statues en bois de l'époque pré-islamique. Originaires des montagnes du Nuristan, les figurines sont liées à des croyances et des traditions vieilles d'il y a un peu plus d'un siècle. Il y a trois ans, elles avaient été fendues à la hache par les Talibans, certaines en vingt morceaux. Il a fallu plus d'un mois pour restaurer les œuvres. Le travail a été financé par le gouvernement autrichien, rapporte le Herald Tribune.