ART. Damien Hirst boude le formol. Après avoir enfermé veaux, vaches, moutons et requins dans des bocaux remplis de produits chimiques, l'artiste britannique revient à la peinture. Sa première exposition de tableaux ouvre le 11 mars à New York. «J'en avais marre d'être ce que j'étais. A chaque fois que j'avais une idée, je finissais par la mettre sous verre. Il fallait que je trouve une manière de m'en sortir. La peinture est si poétique! J'ai toujours adoré l'idée que Turner s'attachait à un mât pour peindre un paysage maritime dans la tempête…» confie-t-il au New York Times. Damien Hirst se lance-t-il dans les mers déchaînées? «Non. Mes peintures sont basées sur des photos parues dans la presse. Il y a tant d'images aujourd'hui qu'un artiste n'a plus vraiment besoin d'en créer.» La renaissance de la peinture passerait donc par la réinterprétation du regard des autres.

THEATRE. Stéphane Braunschweig et la troupe qu'il dirige au Théâtre national de Strasbourg montent Brand, une pièce de Henrik Ibsen. Un homme, un monstre, qui sacrifie son enfant et sa compagne au nom de son idéal. Ou comment la poursuite d'une très haute idée de l'homme peut mener à sa destruction. «Ce que j'aime chez Ibsen, explique Braunschweig au Monde, c'est que les grands thèmes de la réflexion sur le monde s'y inscrivent toujours au plus intime. […] Pour moi, le théâtre, c'est exactement cela: l'endroit où l'on peut parler du monde à travers l'intimité, et la façon dont l'intimité reçoit les déflagrations du monde extérieur.»

POESIE. La poésie se meurt? On va la faire descendre dans la rue pour prendre l'air! Un peu comme la Fête de la musique, la France organise, tous les ans depuis Jack Lang, un Printemps des poètes, du 4 au 13 mars. L'une des idées, c'est que chacun glisse dans sa poche son poème adoré et le remette à une personne de son choix. Par exemple, tenez: «Les feuilles mortes» de Prévert à l'éboueur, «L'invitation au voyage» de Baudelaire à la tenancière de l'agence Evasion Soleil ou «Fantaisie triste» d'Aristide Bruant à l'employé des pompes funèbres. Démocratiser la poésie? Bizarre, ça la rend moins magique.

LECTURE. Les critiques littéraires en pleureront. A l'occasion de la Journée mondiale du livre jeudi dernier (qui d'autres que les Anglais la célèbrent?), une étude a révélé que le meilleur facteur de propagation d'un ouvrage reste le bouche-à-oreille. Tu as aimé, j'aimerai. Le plus bel exemple est le Da Vinci Code, le livre de Dan Brown. Il s'en est vendu plus de 2,2 millions d'exemplaires, rien qu'en Grande-Bretagne, et principalement sur recommandation d'amis, puisque la presse littéraire a un peu boudé ce que l'on a considéré comme un produit de la littérature de loisir. Jamais depuis huit ans un livre ne s'était aussi bien vendu.