EXPO. Quand le nouveau Musée d'Art moderne de New York (le MoMA) s'est ouvert, les critiques ont dénoncé la faiblesse des œuvres d'art contemporain exposées. «J'avais espéré que l'exposition de la collection de UBS, Contemporary Voices, viendrait au secours du grand musée. Mais le titre est trompeur: c'est un accrochage de peintures et de dessins classiques des années 60, 70 et 80. Il y a très peu de surprises, et seulement deux artistes de moins de 45 ans», déplore Clare Henry, critique d'art au Financial Times après sa visite de la première exposition temporaire installée dans l'espace conçu par Yoshio Taniguchi. Le jugement a son importance: ni la collection de UBS ni le MoMA ne seraient donc plus désormais des reflets de l'art actuel.

CINEMA. Face est l'histoire d'une jeune femme, une Chinoise dans le New York des années 70. Elle est violée et forcée d'épouser son agresseur quand elle découvre qu'elle est enceinte. Elle abandonne son enfant à sa mère, et fuit à Hongkong pour rejoindre sa sœur, qui vit une relation tumultueuse avec un DJ caribéen. L'histoire d'une femme humiliée, immigrée, rejoignant vingt ans plus tard les vainqueurs de la haute finance. Face, c'est le premier film de Bertha Bay-Sa Pan, née dans le New Jersey et élevée à Taïwan. Face est sorti ce vendredi aux Etats-Unis, et le New York Times est ébahi par ce condensé de vérité qui montre si bien les clashes entre les générations et les cultures dans la Chine d'aujourd'hui.

LITTERATURE. Les Anglais aiment débattre des livres, et ils ne le font pas avec le capuchon de la plume. Tenez: l'éditeur d'une prestigieuse collection a soutenu que la plupart des récits écrits par des femmes étaient «désespérément rattachés au quotidien» et «déprimants comme l'enfer». The Guardian ouvre le débat. Yvonne Roberts, qui justement écrit des livres, est plutôt d'accord avec l'éditeur machiste: «Les femmes écrivains manquent d'ambition.» «Trop banal? s'écrie une consœur. Mais la plupart des grandes œuvres parlent justement de notre quotidien! Relisez Anna Karenine ou Madame Bovary.»

ECOUTER LIRE. La Foire du Livre de Leipzig, qui s'est tenue en fin de semaine dernière, se distingue de celle de Francfort par sa proximité avec le public, explique la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Cette année, Amos Oz, Adolf Muschg et Jorge Semprun y étaient invités. Pour encourager la lecture, la Foire du Livre de Leipzig mène depuis cinq ans une grande campagne pour le développement du livre enregistré. Ecouter un roman plutôt que le lire, voilà une habitude qui existe plutôt dans les pays anglo-saxons. Cette méthode conquiert petit à petit l'Allemagne: cette année, pas moins de 120 exposants étaient spécialisés dans l'audio-livre à Leipzig.