MUSIQUE. Christian Thielemann vient d'arriver à Munich, où il y a repris la direction musicale du Munich Philharmonic. Depuis des mois, affiches et placards le proclamaient à travers la ville: les compositeurs de la trempe d'Anton Bruckner et Richard Strauss l'attendaient, paraît-il, comme le Messie. La campagne a fait grand bruit. Pourquoi tant d'arrogance? se demandait le Financial Times à la veille du concert inaugural. Mais dès que le chef berlinois a levé la baguette sur la 5e symphonie, Bruckner a eu l'air dompté.

OPERA. Ce n'est pas le haut du pavé, mais c'est une belle prouesse de chanteur. Lundi, un baryton du nom de Ian Vayne, qui était assis dans le public, a terminé au pied levé l'opéra Carmen de Bizet devant 700 personnes à l'Opéra de Linz. Le chanteur qui avait ouvert le spectacle, Lauri Vasar, a été victime d'une crise cardiaque. Actuellement à Mannheim, Ian Vayne devait succéder prochainement à Lauri Vasar dans le rôle d'Escamillo, mais il n'avait pas prévu de monter sur scène si rapidement.

BD. La Bande dessinée est un art nouveau en Russie. Nikolaï Maslov, 50 ans, est le premier auteur russe à être traduit dans une langue étrangère. Son album, Une Jeunesse soviétique (en français chez Denoël-Graphic) plonge dans le quotidien d'un univers où «l'homme n'est qu'un fétu appelé à subir les caprices du fleuve», commente Le Figaro. «Cette bande dessinée est méchante, très méchante, déclare Maslov au quotidien français. Mais elle est le reflet de ma vie. A l'époque soviétique, les hommes ne pouvaient rien créer. Mon histoire n'est ni la plus violente ni la plus tragique». En janvier, il est retourné dans sa Sibérie natale. «C'était pire que dans ma jeunesse», a-t-il déclaré. «Il n'y avait plus de communisme, pas de démocratie, rien. La misère complète. Juste un combat pour survivre.» Le prochain album ne sera donc pas plus coloré.

DOCU. Promis, c'est la dernière fois qu'on en parle. Au bas mot, selon le Washington Post, plus de 20 documentaires politiques sont sortis en salle pendant la campagne présidentielle américaine. Du jamais vu, selon le quotidien. Mais il faut bien reconnaître qu'à part Fahrenheit 9/11, les documentaires, plutôt en la défaveur de George W. Bush, n'ont pas attiré les foules. Et même en tête, le film de Michael Moore, 432 577 dollars de recettes au box-office, n'est pas arrivé à la cheville, si gracieuse, de Catwoman (40 millions de dollars aux Etats-Unis).