OPERA, par-dessus les Alpes. La Fenice est donc enfin sortie de son coma, un peu grâce à Visconti, qui avait tourné les quinze premières minutes de «Senso» en 1954 dans l'opéra de Venise incendié en 1996. Le film a constitué l'une des sources de la restauration, avec archives et documents d'époque, pour la reconstruction à l'identique du théâtre. L'an dernier, on y avait organisé un concert d'inauguration, puis la saison lyrique s'était déroulée ailleurs. Depuis le 12 novembre, la Fenice est redevenue un théâtre en ordre de marche. La version de la «Traviata» de Robert Carsen, drame façon années 70, qui ouvre la saison, divise cependant les critiques: manque d'originalité, mais casting de haut niveau et direction appréciée de Lorin Maazel qui, selon «Le Monde», «donne sans compter à la musique de Verdi chair, sang, vivacité et couleurs».

CINEMA. «Da Vinci Code», le best-seller de l'année, devait forcément finir étalé sur grand écran. L'enquête sur le meurtre du conservateur en chef du département de la peinture italienne du Louvre imaginée par Dan Brown, vendue à des millions d'exemplaires dans le monde depuis sa sortie, sera mise en images par le réalisateur Ron Howard. Le producteur Brian Grazer en a acquis les droits pour 6 millions de dollars. Howard et Grazer ont gagné l'Oscar du meilleur film il y a deux ans avec «Un homme d'exception». Parmi les comédiens sur lesquels «Newsweek» mise pour épauler Tom Hanks figurent Julie Delpy en Parisienne spécialiste de cryptologie, Jean Reno en enquêteur infatigable et Vincent Cassel en moine tueur.

LIVRE. La querelle de la société espagnole qui a émaillé le contexte sociopolitique du pays pendant plus d'un siècle et qui a culminé avec la guerre civile de 1936-1939 est aujourd'hui morte et enterrée. C'est la thèse que développe l'historien Santos Julia dans son dernier livre, «Historias de las dos Espanas», publié en espagnol par Taurus. Julia est arrivé à cette conclusion, raconte «El Pais», après six ans de recherche sur le rôle joué par l'intelligentsia dans la polarisation de la société espagnole durant les XIXe et XXe siècles.

ARCHITECTURE. Le Victoria & Albert Museum de Londres, le plus grand musée des arts décoratifs du monde, vient d'ouvrir une galerie consacrée à l'architecture, avec des documents, dessins et manuscrits réunis entre autres par la RIBA, l'Institut royal des architectes britanniques. Cette aile du musée montre notamment des projets de Christopher Wren, le bâtisseur de Saint-Paul et d'une grande partie des bâtiments londoniens du XVIIe siècle. Détail piquant: l'aile des architectes s'inaugure à peine un mois après que le musée a déclaré qu'il était contraint à abandonner son grand projet de hall d'entrée en spirale. C'était au grand architecte Daniel Libeskind qu'on avait confié l'affaire. Mais Libeskind semble être un bâtisseur un peu trop occupé.