BONS OFFICES. Quand Tony Blair a rendu visite à George Bush à Camp David en 2001, ils ont regardé «Meet the Parents» («Mon beau-père et moi») et sont allés se coucher. Quand Jacques Chirac a rencontré la reine d'Angleterre la semaine dernière, on a joué une version tronquée de la comédie musicale «Les Misérables» (à Londres, on dit «The Mis») au château de Windsor: «La culture comme bons offices lors de rencontres diplomatiques est malheureusement sur le déclin», déplore Alan Riding dans sa chronique de l'«International Herald Tribune». Qui rappelle qu'Elisabeth Ire convoquait la troupe de Shakespeare, Louis XIV Molière et Lully et que George Ier commandait ses spectacles pyrotechniques à Händel.

MUSEE. A l'occasion de la réouverture du MoMa de New York, le «New York Times» est parti récolter des souvenirs liés au lieu et à ses trésors. L'artiste Robert Ryman, 74 ans, n'avait pas trop à fouiller sa mémoire si vive: «C'était dans les années 50. J'avais été engagé comme agent de la sécurité. Je commençais tout juste de peindre et ça me semblait un bon endroit pour voir beaucoup de peintures… Tout me faisait impression… En fait, la première peinture que j'ai vendue, c'était à quelqu'un du musée. Beaucoup d'artistes travaillaient au MoMa à cette époque-là. Ils avaient décidé de monter des expos des gens du staff. Je n'avais jamais vu cela ailleurs. J'ai vendu ma première œuvre pour 80 dollars. De quoi me payer beaucoup de hamburgers…»

ROCK. C'était encore à Manhattan, mardi dernier. Ont-ils eu peur que leur nouvel album, sorti lundi dans le monde entier, ne se vende pas si bien? Les vieux loups de U2 sont montés sur un camion à remorque et ont sillonné les rues pour inviter leur public à un concert-surprise le soir même. Surprise? Pas tant que ça, d'après le «New York Times»: le concert était prévu comme le point culminant d'un tournage vidéo bien orchestré pour la publicité du groupe. Le concert de Manhattan avait aussi été annoncé sur les sites web de leurs fans. U2 a joué des vieux morceaux et de nouvelles chansons, dont «How to Dismantle an Atomic Bomb» devant des milliers de fans bien élevés et très enthousiastes.

OPERA. «L'Histoire du soldat» de Stravinski fait un triomphe. Produit par The Motion Group et joué par le Philharmonia Orchestra, le spectacle a comme narrateur Jeremy Irons et le rôle du soldat est tenu par Eddie Redmayne. Lancé à Bristol, il a été donné au théâtre Old Vic de Londres dimanche dernier, pour une unique représentation. «Ce spectacle-là, en tout point satisfaisant, est un modèle» n'hésite pas à écrire le «Financial Times». Les producteurs ont une idée folle en tête: jouer «L'Histoire du soldat» à Bagdad en 2005.

EXPO. L'artiste trash Paul Mc Carthy, un protégé de la galerie suisse Hauser & Wirth, dépose ses œuvres satiriques sur les excès de l'Amérique moderne au Centre d'art contemporain de Malaga. Une expo de Pères Noël immoraux, de mutilation de corps et de défécation factices qui avait déjà fait beaucoup de bruit à Londres. «Pour Mc Carthy, un jet de mayonnaise lancé au visage du pouvoir, un corps mutilé couvert

de sauce tomate a toujours plus d'impact que 50 Marilyn Monroe», tente d'expliquer «El Pais». Mais qu'y a-t-il au-delà de la provocation? Même en Espagne, on ne trouve aucune réponse convaincante.