- Chaquee semaine, cette chronique observe la vie culturelle d'ailleurs à travers la presse internationale.

- Trop grand, trop cher. Parfois, même la mégalomanie a ses limites. Hongkong prévoyait de construire un gigantesque centre culturel au bout de la lagune. Dix milliards de dollars et plus de quarante hectares. On avait fait les yeux doux aux musées occidentaux, les Pompidou, Guggenheim et MoMA, pour qu'ils cèdent à l'envie d'ouvrir une succursale chinoise. Norman Foster, l'architecte de l'empire colonial de jadis, avait même tracé quelques esquisses, au cas où. Mais le projet a été jugé irréaliste . Aucune salle de spectacle n'avait été prévue et les ensembles locaux comme le Hong Kong Philharmonic lui reprochaient de vouloir surtout flirter avec les institutions culturelles occidentales au détriment du développement culturel régional. Ce sont finalement les promoteurs immobiliers qui ont refusé de participer à ce projet pharaonique et, mardi dernier, le gouvernement de Hongkong y renonçait définitivement, lit-on dans le New York Times.

- Il y en a qui s'en sortent à moins cher. Ce samedi est inauguré le nouveau National Theatre of Scotland. Mais aucune porte ne s'ouvrira, aucun ruban ne sera coupé et pas un achitecte pour pavaner. Car le nouveau théâtre national d'Ecosse n'aura pas de bâtiment. Un bureau à Glasgow et toute la contrée pour s'ébattre. Pour sa première soirée, dix productions sont données simultanément dans dix endroits différents, sur le même thème: «Home». Dix mille personnes ont déjà réservé leur place. «Nous inaugurons un nouveau modèle de théâtre national, le modèle du XIXe siècle a vécu», a déclaré le directeur de la structure au Financial Times.

- «Grbavica», le film bosniaque récompensé le week-end dernier au Festival de Berlin, a été reçu avec beaucoup de scepticisme à Belgrade. Ce long métrage raconte l'histoire d'une mère bosniaque élevant seule sa fille de douze ans. Quand elle demande à sa mère comment son père est décédé, elle n'obtient que des réponses évasives. En fait, ce film parle d'un sujet encore très douloureux: l'histoire de ces 20 000 femmes bosniaques (au moins) violées par des hommes serbes. «Le film qui force les Serbes à faire face aux enfants des viols de Bosnie», titrait lundi le quotidien britannique The Independent.

- Nous sommes entrés dans l'ère Jake Gyllenhaal (photo). Il est beau comme un cow-boy, fort comme le succès, et il fait pleurer sans discernement hommes, femmes, jeunes et vieux, homos et hétéros dans Le Secret de Brokeback Mountain. Le beau gosse du film d'Ang Lee s'est vu remettre le prix du meilleur acteur de second rôle dimanche dernier aux Baftas, la version britannique des Oscars.

- A propos, le succès du Secret de Brokeback Mountain étonne Catherine Deneuve. L'actrice française a déclaré, en marge du Festival international du film de Bangkok, qu'elle était surprise de l'impact du film aux Etats-Unis, pensant que l'homophobie en Amérique empêcherait le succès commercial de ce film. Vipère, va!