Facture alourdie pour l’Opérades Nations

Genève L’accueil du Grand Théâtre coûtera 9,5 millions de francs

Le déménagement du Grand Théâtre pour deux années de travaux prend de nouvelles dimensions. Le budget grimpe. Initialement, le prix de la salle d’accueil provisoire avait été budgété et annoncé à 6,8 millions. Aujourd’hui, la facture de la déconstruction, de l’agrandissement et de la reconstruction du «Théâtre Ephémère» que la Comédie française a vendu à l’opéra genevois atteint 9,5 millions de francs. Une somme que les sponsors du récemment renommé «Opéra des Nations» devront prendre en compte.

Le conseiller administratif Rémy Pagani avait préparé le terrain lors de l’acquisition, en mars, de la structure en panneaux de bois modulable. En déclarant, lors du rachat, que le budget s’élevait à 6,8 millions «avec une marge de 50%», la possibilité d’un surcoût pouvant porter la facture à 10 millions avait été évoquée.

Aujourd’hui, le projet est rattrapé par la réalité. «Un théâtre de 1100 places, avec fosse et toutes commodités, même en bois, entièrement financé par des sponsors, pour moins de 10 millions, vous en connaissez beaucoup?» questionne le magistrat. Il ajoute que cette opération a aussi «été menée pour tenter de renouveler le public de l’opéra».

Retard

Ensuite, l’agenda est modifié. Il avait été dit que la saison débuterait dans les locaux transitoires en octobre 2015, qui accueilleraient l’opéra jusqu’à la fin des travaux, en août 2017. Or, la programmation commencera d’abord au Grand Théâtre, à la date prévue, et ne s’installera à la place des Nations qu’en février 2016, pour deux saisons.

Rémy Pagani attribue ce retard de quatre mois à une sous-estimation de la durée du montage de la structure. «Le Théâtre éphémère avait été monté en quatre mois à Paris. Ici, cela prendra le double à cause de l’agrandissement nécessaire de la salle, explique-t-il. D’autre part, les atermoiements avec les Libyens, qui avaient renoncé à l’achat après nous avoir précédés, ont retardé les échéances.»

Le directeur du Grand Théâtre, Tobias Richter, s’adapte à la situation. «Il y a toujours des impondérables dans ce genre de déménagement. J’ai l’habitude, même si je préférerais connaître toutes les données dès le début. Mais le développement d’un tel projet en quatre ans, une telle difficulté logistique et des travaux si lourds impliquent forcément des réaménagements. La programmation s’organisera en conséquence.»