Le voilà enfin né! Après une gestation incroyablement courte pour un projet de cette dimension, l’Opéra des Nations a accueilli ses premiers spectateurs et résonné de ses premières notes. Un an jour pour jour après le coup de pioche initial, le rideau s’est ouvert  lundi soir sur Alcina de Haendel.

Une heure avant l’ouverture des portes, la tranquillité des lieux cache difficilement la fébrilité du personnel qui attend les premiers spectateurs. A l’arrivée, le public, curieux et étonné, s’interroge «Ça fait un peu baraque, ce bois», «Comment va-t-on tous pouvoir entrer?», «Je me demande comment ça va sonner», «Il faut attendre pour voir» pouvait-on alors entendre. A la sortie, les commentaires sont enthousiastes. «Quelle salle incroyable», «L’acoustique est excellente», «C’est très chaleureux, on s’y sent bien», «On voit et on entend bien de partout», «C’est la salle où on est le mieux assis de la ville».

Galerie photos: A Genève, grande première pour l’Opéra des Nations.

Au final, l’oeuvre de Haendel a trouvé un espace à la mesure de ses beautés. La musique aura en effet été la reine de la soirée grâce à un rapport particulièrement équilibré entre scène, fosse et salle. Des premiers rangs, les voix et l’orchestres fusionnent intimement. Et on se surprend à apprécier un OSR frissonnant dans le répertoire baroque qu’il ne fréquente jamais, sous la direction souple et chaleureuse de Leonardo Garcia Alarcon. En fond de salle, où la visibilité est tout aussi parfaite, les résonances se déploient sur la légère matité du bois, et la vue élargie du plateau donne un surprenant sentiment de vastitude.

La proximité tant visuelle que sonore, le charme particulier du bois brut allié au velours rouge des sièges, le confort de leur assise et l’esthétique sobre du bâtiment font de l’Opéra des Nations une véritable réussite. Un bel écrin qu’il sera probablement difficile de devoir quitter dans deux ans et demi…