Transaction culturelle

L’Opéra des Nations promis à la Chine

La Fondation du Grand Théâtre et la Ville de Genève ont signé une lettre d’intention de vente de l’Opéra des Nations avec un grand promoteur de spectacles chinois

Rien n’est encore définitif. Mais cela sera inscrit ce vendredi 14 octobre dans la Feuille d’Avis Officiel. L’Opéra des Nations sera vendu à des privés chinois si rien ne s’y oppose. Lundi, à la Villa La Grange de Genève, une délégation est venue de l’Empire du milieu pour parapher une lettre d’intention d’achat de l’ODN.

La direction de la Fondation du Grand Théâtre et des représentants de la Ville de Genève ont en effet signé une promesse de vente avec le «plus important promoteur privé chinois de spectacles». Mais il y a une condition à cette vente. Si une autorité publique ou parapublique se déclarait intéressée avant le 28 février 2017, elle aurait la priorité. Les promoteurs chinois devraient alors renoncer à leur achat. Sollicités à se manifester avant cette date, les potentiels acquéreurs sont invités à se faire connaître.

Sur les détails de la tractation, la présidente Lorella Bertani se montre discrète. «Il n’y a rien d’autre à ajouter à ce qui paraîtra dans la FAO, commente-t-elle. Nous nous trouvons dans le cadre d’une opération commerciale, qui rentre dans le secret des affaires. Depuis les origines de l’achat de l’ODN à la Comédie française, il a toujours été annoncé que la structure en bois ne pourrait pas rester sur le terrain Rigot au-delà du 30 décembre 2018, pour permettre au Grand Théâtre de s’y installer le temps de sa rénovation. Nous ne faisons donc que remplir notre mission.»

Lorella Bertani se refuse d’autre part à tout commentaire sur les acheteurs chinois, un possible bénéfice de la revente (l’ODN a coûté plus de 10 millions aux privés, ndlr), l’éventualité d’un rachat par la Ville, la destination ou l’utilisation de la salle. Sami Kanaan et Remy Pagani restent injoignables.

Pour l’heure on peut se demander pourquoi les Chinois désireraient acquérir une telle structure, et quel intérêt ils auraient à en payer le lointain déplacement. D’après nos informations, il semblerait que la connotation internationale du Théâtre des Nations installé près de l’ONU et l’amitié sino suisse représenteraient aussi des arguments diplomatiques séduisants pour installer une salle culturelle dans le quartier des ambassades de Pékin. Affaire à suivre, donc.

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