L’opéra en période de coronavirus? Tout un poème. Ou plutôt une tragédie. Les maisons d’opéra doivent redoubler d’imagination pour trouver des scénarios afin de respecter les mesures sanitaires imposées par le covid. Dernier sauvetage en date: L’Affaire Makropoulos au Grand Théâtre. Le vaisseau genevois a annoncé il y a une semaine qu’il ne pouvait pas recevoir un orchestre physiquement dans sa fosse, mais que cet orchestre allait être présent virtuellement via une bande-son enregistrée au préalable.

On croirait rêver, mais il n’y a guère d’autre solution pour maintenir la sphère des arts vivants… en vie! Un paradoxe que reflète en creux l’opéra de Janacek, relatant le calvaire d’une femme élue à la vie éternelle qui en vient à se raviser: pour finir, elle appelle de ses vœux la finitude comme planche de salut. «L’Affaire Makropoulos, c’est vraiment une œuvre d’actualité, explique Aviel Cahn, parce qu’elle nous confronte à la finitude des choses.» Le directeur du Grand Théâtre – avec ses équipes et conjointement avec l’OSR – remue ciel et terre depuis des semaines pour parer à toute éventualité...