Dites «Wiener Philharmoniker» et attendez. Les superlatifs jaillissent tant la formation orchestrale est synonyme d’excellence. Précédée d’une histoire et d’une réputation prestigieuses, la phalange viennoise est l’un des emblèmes musicaux d’Europe. La capitale autrichienne compte en outre un vaste «parc» orchestral, avec notamment l’Orchestre symphonique de Vienne, dont le Suisse Philippe Jordan a repris les rênes en 2014, celui de la Radio, le Hofburg, le Tonküntsler ou le Concentus musicus. Celui de l’Opéra vient en Suisse pour la première fois, pour un Don Giovanni de Mozart en version de concert.

Simple orchestre lyrique, le Wiener Staatsoper? Oui et non. Son appellation cache une réalité très spécifique: l’orchestre n’est rien de moins que le réservoir du mythique philharmonique. Tous les membres du «Wiener Phi» sont en effet issus de la phalange lyrique. Cela fait des deux ensembles une sorte de formation unique à double nom. D’un côté les musiciens sont salariés de la scène lyrique d’Etat, de l’autre ils sont rémunérés par l’organisme symphonique privé, qui fonctionne sans chef attitré et est responsable de sa propre destinée.