C’est souvent dans la section Un Certain Regard, qui complète la compétition avec des films plus fragiles, qu’on fait les plus belles découvertes. L’année dernière, de Girl à Border en passant par Les Chatouilles, plusieurs titres de ce programme parallèle avaient marqué les esprits. Déception cette année: sur les 18 longs métrages montrés (dont neuf premiers films, initiative à saluer), pas de grand choc. Mais une belle surprise: parmi les réalisations les plus marquantes, on retiendra deux dessins animés sortant des sentiers battus, c’est-à-dire de l’axe Los Angeles-Tokyo.

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Si Les Hirondelles de Kaboul est un film d’animation pour adultes – adapté de Yasmina Khadra, il raconte le règne violent des talibans –, La Fameuse Invasion des ours en Sicile s’adresse, lui, aux enfants. Il s’agit également d’une adaptation, en l’occurrence d’un conte de Dino Buzzati. Les parents seront intrigués par le nom de son réalisateur: Lorenzo Mattotti, immense dessinateur italien qui, depuis ses débuts au milieu des années 1970, n’a de cesse de brouiller les pistes, passant de travaux d’illustration à des œuvres plus personnelles. Publié pour la première fois en 1982, Monsieur Spartaco est un album onirique, métaphysique et déroutant, qui compte parmi les chefs-d’œuvre de la bande dessinée.

Au-delà de son histoire, celle d’une tribu d’ours qui perdra sa candeur au contact des humains, La Fameuse Invasion des ours en Sicile est un enchantement visuel de tous les instants – le trait géométrique et l’approche picturale du Lombard font merveille. Bonne nouvelle, le film a trouvé un distributeur suisse.