C’est à une première qu’ont été conviés les journalistes ce lundi matin. Une conférence de presse virtuelle diffusée sur internet avec capsules vidéo pour annoncer la prochaine saison de l’OSR. Si la raison en est le coronavirus et ses désastreuses conséquences d’isolement, l’opération a révélé la capacité d’adaptation et de créativité de l’institution.

Sur la forme du rendez-vous inédit, le président de la fondation Olivier Hari a ouvert les feux pendant quelques minutes et le directeur général Steve Roger a conclu brièvement. Entre eux, le chef Jonathan Nott a présenté rapidement sa vision musicale avant que le pianiste suisse Francesco Piemontesi ne commente succinctement son invitation en résidence dans un lieu original: la cave viticole de Nicolas Bonnet. Voilà qui change des habitudes!

Steve Roger a d’abord voulu rendre hommage au public. Sa campagne de communication est centrée autour de ces auditeurs «sans qui nous n’existerions pas», rappelle-t-il, ajoutant «d’autant que nos auditeurs nous manquent cruellement en cette terrible période d’annulations».

Un lien plus simple

Sur les 80% de la programmation lancée par Magali Rousseau, le nouveau directeur général a réorganisé, changé ou supprimé des éléments, ajouté des nouveautés et peaufiné la déclinaison des propositions auxquelles il avait collaboré en tant que responsable à l’agence Caecilia.

Les séries changent de nom pour «recréer un lien plus simple avec les auditeurs. Les grandes séries renommées O, S, R, et celle de Lausanne, sont conservées.» Les programmes seront «plus classiques, avec un axe fort autour de Mahler, compositeur d’élection de Jonathan Nott qui dirigera la 4e et la 6e symphonies ainsi que des affiches vocales.»

L’artiste invité en résidence sera cette année le pianiste tessinois Francesco Piemontesi. «Je suis très heureux de retrouver celui dont j’étais agent. Il interviendra dans quatre programmes, une master class à la HEM, un concert de chambre au BFM et un enregistrement.»

Créations

Sur le plan de la création, le Concerto pour piano et orchestreRéflections de Michael Jarrell apparaîtra en première audition suisse, avec son dédicataire Bertrand Chamayou pour le défendre. Cette «belle satisfaction» complétera celle d’accueillir le compositeur Peter Eötvös, «très lié à l’OSR». Aurora, pour contrebasse solo, orchestre à cordes et accordéon, s’inscrit dans le cadre d’une invitation de l’OCL.

Du côté des grands noms, ceux des chefs Ton Koopman et Myung-Whun Chung apparaîtront pour la première fois, avec Christoph Eschenbach, Juanjo Mena et Jukka-Pekka Saraste. Quant aux solistes renommés, ils ne manqueront pas (Vengerov, Kavakos, Buniatishvili, Capuçon, Fray…)

Arrive ensuite le retour de déplacements et tournée, en Europe cette fois, avec l’Autriche, les Pays-Bas (Amsterdam, Anvers), le Danemark (Copenhague pour la première fois) et l’Allemagne (retour à Berlin). Un signe de bonne santé internationale recouvrée.

Bugs Bunny classique

Pour l’inédit, un abonnement commun de deux concerts avec le Grand Théâtre sera révélé après l’annonce de la saison de l’opéra. Et Jonathan Nott dirigera deux ouvrages lyriques. «Le rapprochement se concrétise», se félicite Steve Roger.

Enfin, deux ciné-concerts se profilent, dont un programme de dessins animés de la Warner sur des pièces musicales. Bugs Bunny au Victoria Hall fera ainsi oublier le passage douloureux de la pandémie en cours…


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